NOUVELLES

Le Conseil de sécurité discute du sort de la mission de l'ONU en Syrie

19/06/2012 05:36 EDT | Actualisé 19/08/2012 05:12 EDT

Le Conseil de sécurité de l'ONU devait se pencher mardi sur l'avenir de la mission d'observation en Syrie suspendue en raison de la spirale de violences, après un appel américano-russe à un arrêt immédiat de l'effusion de sang.

Lundi, 94 personnes, dont 63 civils, ont été tuées dans des bombardements menés par les troupes du régime sur des bastions rebelles, notamment Homs et Douma près de Damas, ainsi que dans les combats entre soldats et insurgés, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

Alors que le plan de paix de l'émissaire international Kofi Annan préconisant notamment un cessez-le-feu et un dialogue politique est dans l'impasse, le Conseil de sécurité doit discuter de ce plan et de l'avenir de sa mission d'observation en Syrie.

Le général Robert Mood, chef de la mission de l'ONU (Misnus), doit faire un rapport devant le Conseil à 20H00 GMT sur sa décision samedi de suspendre les activités de cette mission en raison de "l'intensification des violences" qui ont fait plus de 3.300 morts depuis son déploiement mi-avril.

Le mandat de 90 jours de la Misnus s'étend jusqu'au 20 juillet, mais plusieurs pays occidentaux ont indiqué qu'il pourrait être interrompu avant l'heure si les violences empirent.

Les Occidentaux jugent le président Bachar al-Assad, dont ils réclament le départ, unique responsable de cette détérioration, alors que la Chine et la Syrie, alliés du régime Assad, accusent également les rebelles.

Le Conseil de sécurité, où deux résolutions contre le régime ont déjà été bloquées par chinois et russes, se réunit au lendemain d'un appel du président américain Barack Obama et de son homologue russe Vladimir Poutine à un "arrêt immédiat" des violences "afin de mettre un terme à l'effusion de sang".

Ils se sont dits, en marge du sommet du G20 au Mexique, "unis dans l'idée que le peuple syrien devrait pouvoir choisir son avenir de façon indépendante et démocratique".

M. Poutine a même annoncé avoir trouvé de "nombreux points d'accord" avec M. Obama sur la façon de régler le conflit en Syrie, où une révolte populaire est réprimée dans le sang depuis mars 2011 au prix de milliers de morts.

Cette révolte s'est militarisée face à une répression brutale, et l'impuissance de la communauté internationale fait craindre que la Syrie ne sombre dans la guerre civile.

Malgré les accusations de l'ONU de "crimes contre l'Humanité", les sanctions européennes et américaines et l'isolement international croissant, le régime Assad, au pouvoir depuis plus de 40 ans, reste déterminé à en finir avec la révolte qu'il assimile à du "terrorisme".

Les troupes bombardent depuis plusieurs jours des localités défendues farouchement par les rebelles, où les civils sont pris au piège, comme à Homs, ville à la pointe de la contestation contre le régime.

L'OSDH a appelé la communauté internationale à participer à l'évacuation de "1.000 familles encerclées" à Homs où selon le Conseil national syrien (CNS), principale coalition de l'opposition, 30.000 soldats et membres de milices pro-gouvernementales assiégeaient la ville.

Les autorités syriennes ont en revanche affirmé avoir tenté en vain, avec la mission de l'ONU, de faire sortir les civils "assiégés à Homs par les groupes terroristes armés".

Dans la ville de Homs, des combats entre soldats et insurgés avaient lieu à l'aube dans le quartier de Baba Amr, pris en mars par les forces régulières. "Des colonnes de fumée s'élevaient du secteur Homs", a dit l'ONG en faisant état de "l'explosion d'un oléoduc traversant cette région".

Des combats similaires se poursuivaient dans la région d'Idleb, près de la frontière turque, a rapporté l'OSDH, en précisant que "l'armée tirait au canon de char".

L'armée a également bombardé ces derniers jours la ville de Douma, à 13 km au nord-est de Damas. La localité de Tafas, dans la province de Deraa (sud), berceau de la révolte, était assiégée par l'armée après un violent pilonnage, selon l'Armée syrienne libre (ASL) dont les membres résistent aux forces régulières.

Cherchant un plus grand soutien à la "révolution", l'ASL, force d'opposition armée mise sur pied par des soldats ayant fait défection, a appelé "soldats comme civils" de la minorité kurde à rejoindre la rébellion.

En 15 mois de révolte, plus 14.400 ont péri, en majorité des civils, selon l'OSDH.

bur-tp/cnp

PLUS:afp