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Kenney s'excuse d'avoir traité le vice-pm de l'Alberta de «trou de cul»

19/06/2012 05:01 EDT | Actualisé 19/08/2012 05:12 EDT

OTTAWA - Le vice-premier ministre albertain aura finalement eu ses excuses, après s'être fait traiter de «parfait trou de cul» par le ministre fédéral Jason Kenney. Mais elles ne lui ont été offertes qu'en privé.

Le ministre de l'Immigration avait d'abord refusé de se rétracter publiquement pour ce qualificatif peu gracieux dirigé contre Thomas Lukaszuk dans un courriel dévoilé mardi.

Ce n'est pourtant pas comme si on ne lui avait pas donné la chance de le faire. Le ministre de l'Immigration a été bombardé de questions aux Communes l'invitant à s'excuser auprès du vice-premier ministre conservateur de la province dont il est lui-même issu.

M. Kenney s'était contenté en Chambre de marteler que les deux paliers de gouvernement entretenaient des relations solides, sans pour autant exprimer des regrets pour avoir écrit ces mots.

«Ce gouvernement et moi-même avons une relation de travail phénoménale et positive avec le gouvernement de l'Alberta», a-t-il répété.

Sa porte-parole Ana Curic a cependant indiqué plus tard que M. Kenney avait téléphoné en après-midi à M. Lukaszuk pour s'excuser en privé. Elle a signalé que la conversation s'était «bien passée», sans préciser si le principal intéressé avait accepté les excuses du ministre.

L'histoire a commencée quand le bureau du député Blaine Calkins a envoyé un courriel au ministre Kenney et autres membres du caucus albertain leur demandant si une rencontre avec M. Lukaszuk les intéressait.

Le ministre a renvoyé une réponse à tous les destinataires du précédent courriel dans laquelle il ne mâchait pas ses mots. C'est un «non» définitif, a-t-il écrit, ajoutant qu'il ne voulait pas créer de précédent. «De plus, il s'agit d'un parfait trou de cul», a conclu M. Kenney. Le Edmonton Journal a été le premier à publier la teneur de ce courriel mardi matin.

L'attitude de M. Kenney a choqué l'opposition. Le chef néo-démocrate Thomas Mulcair a raconté à la blague qu'il avait lui-même rencontré M. Lukaszuk et que ce dernier était «un parfait... gentleman».

Pour le chef libéral intérimaire, Bob Rae, l'affaire illustre bien la tension grandissante entre le Parti conservateur du Canada et celui de l'Alberta, alors que plusieurs membres du caucus fédéral ont soutenu la formation plus à droite du Wildrose au dernier scrutin de la province.

«C'est évidemment une relation très troublée. (...) Mais ce n'est pas une excuse pour un nivellement vers ce genre d'insulte», a-t-il noté.

Quant au chef bloquiste Daniel Paillé, il estime que les propos de M. Kenney démontrent à quel point le gouvernement conservateur est «arrogant».

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