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Égypte: l'équipe de l'ex-premier ministre Shafiq revendique la victoire

19/06/2012 11:10 EDT | Actualisé 19/08/2012 05:12 EDT

LE CAIRE, Égypte - Un porte-parole de l'équipe électorale d'Ahmed Shafiq, le dernier premier ministre de l'ancien président Hosni Moubarak, a affirmé mardi que son candidat avait remporté l'élection présidentielle en Égypte.

La veille, les Frères musulmans avaient revendiqué la victoire de leur candidat Mohammed Morsi, même si les résultats officiels du second tour organisé samedi et dimanche ne seront proclamés que le 21 juin.

La confrérie islamiste a effectué son propre décompte à partir de chiffres en provenance de plus de 10 000 bureaux de vote dans tout le pays. Selon les Frères musulmans, Mohammed Morsi a obtenu 51,8 pour cent des suffrages, contre 48,1 pour cent à Ahmed Shafiq. L'équipe de campagne de M. Shafiq a aussitôt contesté ces résultats, accusant Mohammed Morsi de tenter d'«usurper» la présidence.

Les chiffres des Frères musulmans «sont faux» et Ahmed Shafiq «est le prochain président d'Égypte», a déclaré mardi son porte-parole, Ahmed Sarhan. Selon lui, M. Shafiq a recueilli 51,5 pour cent des suffrages et devance Mohammed Morsi de quelque 500 000 voix.

Ahmed Shafiq est considéré comme le candidat favori des militaires qui assument le pouvoir depuis la chute de Moubarak, l'an dernier.

Ces allégations contradictoires surviennent alors que l'opposition se ligue contre la déclaration constitutionnelle annoncée dimanche par les militaires, qui enlève plusieurs pouvoirs au futur président et accorde aux généraux l'ensemble des pouvoirs législatifs et l'autorité sur la rédaction de la nouvelle Constitution.

Les Frères musulmans se préparent déjà à une confrontation avec les militaires. Ils ont appelé à de grandes manifestations au Caire et ailleurs dans le pays mardi pour protester contre la déclaration constitutionnelle et contre la dissolution du Parlement, décidée la semaine dernière par la Cour constitutionnelle et entérinée par les militaires. Les Frères musulmans détenaient près de la moitié des sièges dans l'assemblée avant sa dissolution.

La confrérie et ses alliés islamistes estiment que le chef du conseil militaire, le maréchal Hussein Tantaoui, n'avait pas le droit d'adopter un tel décret moins de deux semaines avant la date prévue pour le transfert du pouvoir aux civils.

Des dizaines de milliers de personnes étaient réunies mardi soir sur l'emblématique place Tahrir du Caire pour protester contre les décisions des militaires. Les manifestants veulent aussi dénoncer la décision du gouvernement militaire d'accorder aux soldats et aux agents du renseignement le pouvoir d'arrêter des citoyens pour toute une série d'infractions alléguées.

L'opposition accuse les dirigeants militaires d'avoir perpétré un «coup d'État institutionnel».

L'ancien président américain Jimmy Carter s'est dit inquiet mardi de la situation en Égypte. Le Centre Carter a observé le second tour de l'élection présidentielle du week-end dernier, tout comme les autres scrutins qui ont eu lieu en Égypte depuis la chute de Moubarak.

«Je suis profondément troublé par le virage non démocratique pris par le processus de transition en Égypte», a dit M. Carter dans un communiqué.

«La dissolution du Parlement démocratiquement élu et le retour de certains éléments de la loi martiale ont généré de l'incertitude quant au processus constitutionnel avant l'élection», poursuit l'ancien président américain, qui estime que la déclaration constitutionnelle viole l'engagement des militaires à transférer l'entièreté du pouvoir à un nouveau gouvernement civil élu.

«Une entité militaire non élue ne devrait pas interférer dans le processus de rédaction de la Constitution», estime Jimmy Carter, qui se rend régulièrement en Égypte et qui a plusieurs fois rencontré les généraux au pouvoir et les leaders des partis politiques.

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