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Euro-2012: Grèce-Allemagne, les joueurs feront du foot pas de la politique

19/06/2012 12:23 EDT | Actualisé 19/08/2012 05:12 EDT

Les joueurs grecs et allemands, qui s'affrontent en quart de finale de l'Euro-2012 vendredi, entendent se concentrer sur l'enjeu sportif et refusent de donner une résonance politique au match en dépit des tensions entre Berlin et Athènes sur fond de dette grecque.

Dès la qualification de la Grèce pour les quarts samedi, après sa victoire-surprise (1-0) sur la Russie, et alors que l'Allemagne n'avait pas encore obtenu son billet, la presse grecque avait donné le ton.

"Donnez-nous (Angela) Merkel", écrivait ainsi Goal News tandis que Sport Day lançait un bravache: "Angela, tenez-vous prête! Vous avez vu comment vos débiteurs se sont qualifiés?"

Une troisième victoire de la Nationalmannschaft dans le groupe B dimanche, face au Danemark (2-1), et les espoirs de la presse hellène étaient finalement exaucés. Grecs et Allemands s'affronteront bien vendredi à Gdansk en quart de finale sur fond de défiance entre Berlin et Athènes.

Confrontée à une crise sans précédent, tant au niveau politique qu'économique, la Grèce a entrepris une sévère cure d'austérité pour tenter de résorber une dette abyssale, mais doit affronter les critiques récurrentes de l'Allemagne sur sa gestion, ce qui alimente les tensions entre les deux pays.

Il n'en fallait pas plus pour que certains qualifient la rencontre de "derby de la dette".

C'était cependant sans compter avec les joueurs des deux équipes, décidés à ne pas se laisser enfermer dans ce prisme politico-sportif.

"On ne peut pas mêler le football et la politique. C'est mal de faire ça. Le football est un jeu et nous allons jouer pour prendre du plaisir parce que nous aimons ça", a ainsi assuré l'attaquant grec Giorgos Samaras.

"Nous affronterons l'Allemagne, comme nous le faisons avec toutes les équipes, en nous donnant au maximum et en espérant gagner", a juré son coéquipier Kyriakos Papadopoulos.

Des propos qui ont fait écho à ceux de Lars Bender.

"On connaît tous la situation politique dans le pays, avec les élections d'hier (dimanche). Mais je crois que cela ne jouera pas un si grand rôle le jour du match. Il faudra oublier tout ça et se concentrer sur le football", a plaidé le défenseur allemand.

Egalement interrogé sur ce match supposé explosif, le sélectionneur allemand Joachim Löw a manié l'ironie, histoire de dégonfler l'importance symbolique accordée à cette confrontation qui doit, selon lui, rester du domaine sportif.

"On s'est fixé une règle, elle (Angela Merkel) n'essaye pas d'influencer ma composition d'équipe et mes orientations tactiques, et moi, je ne me mêle pas des déclarations politiques. Pour nous, c'est un quart de finale tout à fait comme les autres, contre la Grèce, et nous ne voyons que l'aspect sportif", a affirmé le technicien.

Sur la pelouse de la PGE Arena de Gdansk, le climat pourrait être d'autant plus détendu que certains joueurs des deux côtés retrouveront de vieilles connaissances.

Plusieurs internationaux grecs évoluent ou ont évolué, en effet, en Bundesliga, à l'instar de Kyriakos Papadopoulos (Schalke 04), Giorgos Tzavellas (Eintracht Francfort) ou Kostas Fortounis, coéquipier de Bender à Kaiserslautern.

Reste maintenant aux joueurs grecs à éviter de prendre une leçon face à des Allemands, qui comptent parmi les grands favoris pour la victoire finale.

bur-grd/sk

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