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Euro-2012 - L'Italie a retrouvé Balotelli

19/06/2012 07:43 EDT | Actualisé 19/08/2012 05:12 EDT

Après deux titularisations poussives, l'Italien Mario Balotelli a surgi du banc contre l'Eire (2-0) pour marquer un but bien dans son style, en puissance et à l'instinct, se libérant à point nommé pour les quarts de finale de l'Euro-2012, dimanche à Kiev.

Chuuuut! Pour l'empêcher de dire des bêtises, son coéquipier Leonardo Bonucci l'a bâillonné au moment où "Balo" commençait à hurler, le visage dur, sans aucun doute à l'adresse de ceux - nombreux - qui doutent de son potentiel.

"Ce qu'il a dit, il l'a dit en anglais, je n'ai pas compris, a raconté le défenseur. Je lui ai mis la main sur la bouche parce que Mario est instinctif... C'est aussi sa force."

"Nous en avions parlé avec lui avant le match et il savait comment se comporter" s'il marquait. Car le bouillant buteur de Manchester City, âgé de 22 ans, est coutumier du fait, il explose rarement de joie quand il fait trembler les filets, prenant plutôt une pose sévère, le visage froncé, comme pour faire taire ses détracteurs, l'air de dire: "Et alors? Je suis si nul que ça?"

En Angleterre, il avait même une fois préparé un tee-shirt marqué "Why always me?" (Pourquoi toujours moi?), dévoilé sous son maillot après un but. Il était alors au centre d'une histoire de feux d'artifices qui avaient commencé à mettre le feu à son domicile.

Les presses britannique et italienne en avaient beaucoup parlé. Sa vie sentimentale est aussi régulièrement décortiquée.

"Balo" n'est pas le seul fâché de l'Euro, le Français Samir Nasri s'était déjà distingué en hurlant: "Ferme ta gueule!" à un journaliste, et le Portugais Cristiano Ronaldo a refusé de parler à la presse après son doublé contre les Pays-Bas.

Mais contre les Verts c'est bien sur le terrain qu'il s'est exprimé, après avoir remplacé l'excellent Antonio Di Natale, inversant leurs rôles par rapport aux deux premiers matches. Et pendant ces 20 minutes, "Super Mario" a franchi un niveau.

"L'Euro de Mario a commencé en même temps que les autres, le défend Prandelli. Ces 20 minutes sont importantes pour nous, pour lui. Quand il y a autant d'attente autour d'un joueur, il doit avoir la force de gérer la pression, garder à l'esprit qu'il ne joue pas seul mais qu'il y a une équipe qui l'aide. Il doit aider les coéquipiers comme il l'a fait" contre les Irlandais.

"Prandè", qui avait annoncé dès son arrivé en août 2010 qu'il bâtissait l'équipe de Balotelli et Antonio Cassano, une association sans cesse retardée par les blessures et les caprices des deux stars, refuse d'y voir un symbole. "Je suis content pour le groupe", répond-il.

Le sélectionneur ne veut pas dire non plus s'il va titulariser Super Mario en quarts. "Je vois que la question n'intéresse pas que les journalistes italiens! plaisante-t-il. Je n'y ai pas encore pensé."

Contre la Croatie, il avait expliqué avoir remplacé son buteur par Di Natale car il n'écoutait pas les consignes.

Mais "maintenant c'est un autre Euro qui commence pour l'Italie", estime Prandelli, payé de ses efforts de gestion du cas Balotelli, qui a enfin marqué son deuxième but "azzurro", en 11 sélections.

"Si Mario transforme en buts sa nervosité, ça me va très bien", conclut le capitaine Gianluigi Buffon.

eba/nip

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