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Des observateurs inquiets du renforcement du pouvoir militaire égyptien

19/06/2012 01:35 EDT | Actualisé 19/08/2012 05:12 EDT

Le vote pour l'élection présidentielle égyptienne semble s'être déroulé sans irrégularités majeures mais les décisions prises par l'armée pour renforcer son pouvoir sèment le doute sur l'ensemble du processus politique, ont estimé mardi des observateurs américains.

"La plupart des aspects du processus de vote des 16 et 17 juin (le second tour, ndlr) et du dépouillement ont été exempts d'irrégularités systématiques ou graves qui avantageraient l'un ou l'autre des candidats", selon un communiqué des observateurs du Centre Carter de l'ex-président américain Jimmy Carter.

Mais ils expriment en revanche leur "grave préoccupation au sujet du contexte politique et institutionnel plus large, qui pose question quant au sens et au but des élections".

L'armée égyptienne a décidé samedi la dissolution de la chambre des députés, contrôlée par les islamistes, après une décision de justice invalidant le mode de scrutin utilisé lors des dernières législatives.

Le Conseil suprême des forces armées (CSFA), qui dirige le pays depuis le départ de Hosni Moubarak en février 2011, a décidé dans la foulée de s'attribuer le pouvoir législatif.

Cette décision a été dénoncée comme un "coup d'Etat constitutionnel" par les islamistes et de nombreux libéraux, qui y voient un moyen de marginaliser le futur chef de l'Etat.

Les deux finalistes, le Frère musulman Mohammed Morsi et le dernier Premier ministre de M. Moubarak Ahmad Chafiq, affirment tous deux avoir gagné. Les résultats officiels sont attendus jeudi.

Jason Carter, membre de la mission et petit-fils de l'ancien président, a déclaré à la presse que les mesures annoncées par le CSFA étaient "troublantes" et que "ces aspects, qui soulèvent des questions sur la transition, doivent être pris en compte dans l'évaluation de cette élection".

La mission du Centre Carter, forte de 90 observateurs qui ont travaillé dans la plupart des régions du pays, a fait état d'irrégularités de procédure, concernant notamment des contrôles partiels d'identité.

Elle a aussi fait état de restrictions à son travail, qu'elle avait déjà qualifiées de sans précédent lors du premier tour fin mai, l'empêchant de faire une évaluation complète des élections.

Le Centre Carter a affirmé qu'il n'envisageait pas de travailler sur d'autres élections en Egypte tant que ces restrictions, qui se sont traduites par des accréditations tardives et des limites de temps à sa présence dans les bureaux de vote, ne seraient pas levées.

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