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Bourse du carbone: Jean Charest demande l'aide d'une représentante de l'ONU

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JEAN CHAREST
Jean Charest. (Getty Images) | Getty Images

RIO DE JANEIRO - Seul au Canada à défendre un projet controversé de bourse du carbone, le Québec demande des renforts de l'ONU.

Le premier ministre Jean Charest a lancé une invitation à Christiana Figueres, la secrétaire exécutive de la Convention cadre des Nations unies sur les changements climatiques, une des personnalités internationales influentes en matière d'environnement.

Jean Charest l'a rencontrée mardi matin à Rio de Janeiro, au Brésil, en marge de la Conférence des Nations unies sur le développement durable qui doit s'ouvrir mercredi.

Il en profité pour lui demander de venir s'adresser aux Québécois et aux Canadiens, concernant tout particulièrement le sujet de la bourse du carbone.

En effet, le Québec est isolé en Amérique du Nord, avec la Californie, sur cette question controversée. Plusieurs autres États américains ont abandonné l'idée, tandis que le Manitoba et l'Ontario demeurent prudents et observent les autres expériences, et que la Colombie-Britannique a plutôt opté pour une taxe sur le carbone. Néanmoins, le Québec assuré qu'il veut aller de l'avant, et Jean Charest l'a réitéré mardi à Rio.

À partir du 1er janvier 2013, donc, un plafond de pollution sera imposé aux grandes industries. Les entreprises plus vertes pourront vendre des crédits d'émission de gaz à effet de serre (GES) aux entreprises plus polluantes. En 2013, le plafond devrait affecter 75 grandes entreprises, surtout des alumineries, des cimenteries et des minières, en plus d'Hydro-Québec. Elles émettent chacune 25 000 tonnes de GES ou plus par année. Le prix de base pour les crédits a été fixé à 10 $ par tonne de GES.

Selon M. Charest, le débat est réglé dans le monde des affaires au Québec, mais il faut clairement trouver des alliés ailleurs et Mme Figueres pourrait y contribuer, surtout qu'il faut maintenant négocier des règles communes pour toutes les bourses du carbone, en Europe et ailleurs, en vue d'en faire un marché mondialisé.

«Je l'ai invitée à venir au Québec et on est en discussions avec elle pour faire un événement public, pour parler des négociations», a commenté M. Charest en point de presse au sortir d'un atelier dans le cadre du Sommet des États fédérés.

«À mon avis, ce serait une très bonne idée d'entendre la négociatrice en chef parler aux Québécois et aux autres Canadiens de cette négociation qui aura un impact sur notre vie. Ça pourrait juste nous aider à avoir une meilleure compréhension de l'importance de l'enjeu.»

M. Charest a assuré que le Québec sera le «premier à y arriver», le premier à implanter sa bourse du carbone, et ce système s'imposera partout, inéluctablement, croit-il, faute d'autres moyens plus efficaces pour diminuer les émissions.

«Il faut qu'on soit à l'avant-garde (...). Il n'y en a pas tant que ça, des moyens (pour réduire les GES). C'est parce qu'on veut réduire le carbone de la manière la plus efficace possible, avec le meilleur rapport qualité-prix», a dit le premier ministre.

Des milieux d'affaires ont déjà exprimé des réserves, des réticences, voire une opposition claire à propos du concept de bourse du carbone. Des entrepreneurs craignent de perdre un avantage concurrentiel par rapport à des entreprises établies dans des pays où les bourses du carbone n'existent pas.