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Adoption houleuse d'un règlement sur les manifestations à Québec

19/06/2012 05:41 EDT | Actualisé 19/08/2012 05:12 EDT

QUÉBEC - L'adoption d'un règlement municipal encadrant les manifestations s'est soldée par une arrestation, mardi, à l'hôtel de ville de Québec, où le maire Régis Labeaume s'est retrouvé au milieu d'une échauffourée.

La constable Catherine Viel, de la police de Québec, a affirmé qu'une personne se trouvant dans la salle du conseil municipal avait été arrêtée pour voies de fait simples.

Mme Viel n'a pas révélé l'identité de cette personne puisqu'une enquête est toujours en cours.

«Il y a eu une altercation concernant des personnes au conseil de ville cet après-midi (mardi), mais je ne peux pas encore identifier les gens», a-t-elle dit lors d'une entrevue.

Des images diffusées par Radio-Canada montrent toutefois que M. Labeaume a été apostrophé par un citoyen alors qu'il sortait de la salle du conseil. Un membre de l'entourage du maire a alors bousculé cet homme, pendant que M. Labeaume quittait la salle.

Les images montrent ensuite les policiers qui maîtrisent ce même citoyen après une bousculade qui a projeté un homme par terre.

Après cette échauffourée, M. Labeaume a invectivé le citoyen.

«T'es un osti de malade», lui a-t-il lancé.

Lors d'un bref point de presse qui a suivi un événement visant la promotion des vins de Bordeaux, le maire s'est refusé à commenter davantage.

«J'ai vu pire d'où je viens, faites-vous en pas», a-t-il dit.

Une centaine de manifestants s'étaient rassemblés devant l'hôtel de ville, mardi, afin de protester contre l'adoption prévue d'un règlement empêchant le camping dans les espaces publics et interdisant l'accès aux parcs entre 23 h et 5 h.

Pour pallier le côté temporaire des dispositions de la loi spéciale 12, adoptée par le gouvernement, la Ville de Québec a aussi voté une disposition qui obligera à l'avenir les organisateurs de manifestations à fournir d'avance leur itinéraire.

M. Labeaume avait convoqué les 27 élus municipaux en séance extraordinaire afin de voter ce règlement en prévision d'une manifestation étudiante prévue vendredi prochain, le 22 juin, juste avant la fin de semaine de la Fête nationale.

Seuls trois conseillers indépendants se sont opposés à son adoption, mardi.

Après la suspension de la séance du conseil, des manifestants sont entrés dans l'hôtel de ville, certains avec des casseroles sur lesquelles ils frappaient en signe de protestation. Ils sont ensuite sortis pour manifester. La police a émis des constats d'infractions au Code de la sécurité routière à 21 d'entre eux.

Un coordonnateur du Comité populaire Saint-Jean-Baptiste, Nicolas Lefebvre-Legault, a déclaré que certains de ses membres, qui ont assisté à la séance extraordinaire, ont été choqués que le règlement soit soumis au vote avant que les citoyens ne puissent poser des questions aux élus à son sujet.

«Juste pour la forme, au moins fais semblant que tu écoutes le monde, a-t-il dit. Beaucoup de gens du comité populaire qui s'étaient déplacés pour savoir ce qui en était ont été choqués de voir ça.»

Pour le regroupement qui fait la promotion du logement social, le nouveau règlement est trop sévère car il limitera les possibilités de manifester, notamment lors de campagnes électorales, où l'effet de surprise est important pour sensibiliser les candidats, a indiqué M. Lefebvre-Legault.

Le directeur des communications de la Ville de Québec, Jacques Perron, a affirmé que les restrictions visant les endroits publics étaient nécessaires à la suite des failles exposées l'automne dernier par les campements du mouvement «Occupons», dans la capitale.

L'interdiction de camper visait seulement les parcs et non les endroits publics, une situation que le nouveau règlement corrige, a affirmé M. Perron.

Quant à l'interdiction de se trouver dans les parcs entre 23h et 5h, elle sera appliquée avec modération, seulement dans les cas évidents de désordre.

«S'il y a des attroupements ou des plaintes, au moins on a un article d'un règlement qui nous permet d'intervenir, ce qu'on n'avait pas auparavant», a-t-il dit.

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