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Trois morts dans l'infiltration en Israël d'un commando venu d'Egypte

18/06/2012 06:29 EDT | Actualisé 18/08/2012 05:12 EDT

L'infiltration d'un commando en Israël à partir de l'Egypte a fait trois morts lundi, deux membres du commando et un ouvrier israélien, poussant l'Etat hébreu à demander au futur pouvoir au Caire de renforcer son contrôle sur le Sinaï.

Parallèlement, deux combattants du mouvement radical palestinien Jihad islamique circulant à moto ont été tués par un raid aérien dans le nord de la bande de Gaza. Cette frappe visait, selon l'armée israélienne, un groupe "responsable de récents tirs de fusil de précision" à la frontière avec le territoire palestinien.

Le commando venu d'Egypte s'est attaqué à un convoi de véhicules transportant des Israéliens travaillant à la construction de la clôture frontalière avec le Sinaï égyptien vers 06H00 (03H00 GMT), selon l'armée israélienne.

"Trois terroristes armés ont pénétré en Israël à partir de l'Egypte et attendaient du côté israélien", a déclaré une porte-parole de l'armée israélienne, Avital Leibovich.

Les véhicules ont été touchés par un engin explosif et par des tirs de RPG et de kalachnikov. L'un des véhicules s'est renversé, provoquant la mort d'un ouvrier, identifié par le ministère de la Défense comme Saïd Fachafcheh, un Arabe israélien de Haïfa (nord).

Accourus sur les lieux, les soldats israéliens "ont repéré le commando et ont ouvert le feu. Il y a eu une énorme explosion", a ajouté la porte-parole, précisant que l'un des membres du commando portait des explosifs sur lui.

"Nous n'excluons pas qu'une partie du commando soit retournée du côté égyptien, comme cela s'est passé en août", a-t-elle souligné, en référence à une précédente attaque lancée à partir de l'Egypte.

Le 18 août 2011, un commando venu du Sinaï avait tendu une triple embuscade à 20 km au nord d'Eilat, tuant huit Israéliens, dont un soldat et un policier. Poursuivant les assaillants, les forces israéliennes en avaient tué sept, ainsi que cinq policiers égyptiens dans des échanges de tirs, déclenchant une crise entre les deux pays.

Israël avait imputé ces attaques aux Comités de résistance populaire (CRP), un groupe armé basé dans la bande de Gaza qui avait démenti.

Le chef du gouvernement du Hamas à Gaza, Ismaïl Haniyeh, a assuré qu'aucun groupe palestinien n'était impliqué dans l'attaque de lundi à partir du Sinaï, rappelant que "les mouvements de résistance palestiniens ont affirmé que la résistance se concentrait sur l'intérieur du territoire palestinien et contre l'occupation israélienne et ne se déplaçait pas à ce stade hors des frontières de la patrie palestinienne".

Le gouvernement israélien a exhorté l'Egypte à reprendre en main le Sinaï, qui échappe largement au contrôle des autorités depuis la chute de Hosni Moubarak en février 2011.

"La situation dans le Sinaï est devenue un problème de sécurité et ce qui s'est passé aujourd'hui constitue une nouvelle étape dans l'escalade (...) Il s'agit d'un grand défi" pour le nouveau président issu de l'élection de samedi et dimanche, a affirmé le vice-Premier ministre israélien, Shaul Mofaz, espérant arriver à "un dialogue sécuritaire entre militaires avec les Egyptiens".

"Quel que soit celui qui gagnera l'élection en Egypte, nous attendons de lui qu'il assume les engagements internationaux pris par l'Egypte, notamment le traité de paix et les arrangements de sécurité dans le Sinaï, afin de mettre rapidement fin à ces attaques", a déclaré le ministre de la Défense, Ehud Barak.

Les incidents se sont multipliés récemment aux frontières sud d'Israël.

Dimanche, huit obus de mortier ont été tirés de Gaza contre des soldats israéliens de l'autre côté de la frontière, sans faire de blessé. Dans la nuit de dimanche à lundi, cinq Palestiniens ont été blessés lors de deux raids aériens israéliens dans la bande de Gaza.

bur-sst/cco

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