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Syrie: Appel de l'ONU à sanctionner les auteurs des violences

18/06/2012 07:11 EDT | Actualisé 18/08/2012 05:12 EDT

La haut-commissaire de l'ONU aux droits de l'Homme, Navi Pillay, a une nouvelle fois accusé Damas de crimes contre l'humanité, appelant lundi la communauté internationale à surmonter ses divisions sur la Syrie et demander des comptes aux auteurs des violences.

Le président américain, Barack Obama, rencontre lundi son homologue russe Vladimir Poutine pour des discussions délicates au moment où le soutien de Moscou au président syrien Bachar al-Assad teste les relations entre leurs deux pays.

Avec la Chine, la Russie a bloqué toute condamnation de la répression en Syrie. Elle avait aussi nié récemment être engagée dans des discussions avec l'Occident sur des changements politiques en Syrie qui impliqueraient le départ du président Assad, exigé par l'opposition depuis plus de 15 mois de révolte.

Washington espère que la Russie finisse par faciliter une issue à la crise et cherche à obtenir un soutien russe à un transfert de pouvoir sur le modèle yéménite.

La Russie craint de perdre un allié géostratégique clé avec la Syrie et ses bases navales en Méditerranée si le président Assad est remplacé, mais la Maison Blanche a clairement fait savoir vendredi qu'elle n'entendait pas aller contre les intérêts de Moscou en Syrie.

Lundi, une source au sein de l'état-major russe a indiqué que la Russie se préparait à envoyer deux navires de guerre amphibies avec des marins vers le port syrien de Tartous, seule base navale russe en Méditerranée, selon l'agence Interfax.

Sur le terrain, le conflit a encore fait une trentaine de morts lundi, dont une dizaine dans des combats entre soldats et combattants rebelles dans la région de Deir Ezzor (est), selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

Les forces gouvernementales ont repris leur bombardement de la ville rebelle de Homs (centre), a rapporté l'OSDH, évoquant aussi des opérations militaires dans la province de Damas et en particulier à la périphérie de la capitale, où le régime veut empêcher les manifestations d'opposition.

Le quotidien Al-Watan, proche du pouvoir, a fait état lundi de "la mort de centaines de terroristes ces trois dernières semaines aux portes de Damas".

"Les combats se poursuivent entre l'armée syrienne et des terroristes qui tentent d'entrer à Damas", affirme Al-Watan, assurant que "l'armée et les services de sécurité ont fait trembler le sol sous les pieds des terroristes qui voulaient entrer à Damas pour y déstabiliser la sécurité".

Le Conseil national syrien (CNS), principale coalition de l'opposition, a affirmé ce week-end que 30.000 soldats et membres de milices pro-gouvernementales assiégeaient Homs (centre), appelant à une résolution de l'ONU contraignant Damas à cesser la répression.

L'OSDH avait pour sa part fait état de "1.000 familles assiégées" à Homs.

Et le général Robert Mood, chef de la mission de l'ONU en Syrie, a appelé dimanche le régime et l'opposition "autoriser les femmes, les enfants, les personnes âgées et les blessés à quitter les zones de conflit, sans aucune condition préalable".

Samedi, il avait annoncé une suspension des opérations des quelque 300 observateurs de l'ONU venus surveiller l'application d'une trêve complètement ignorée, en raison de "l'intensification des violences (...) et des risques encourus".

"Le gouvernement de Syrie devrait cesser immédiatement l'utilisation d'armes lourdes et le bombardement de zones habitées, car de telles actions équivalent à des crimes contre l'Humanité et autres possibles crimes de guerre", a pour sa part déclaré Mme Pillay à l'ouverture de la 20e session du Conseil des droits de l'Homme de l'ONU.

Elle a exhorté la communauté internationale à "surmonter les divisions (...) pour mettre fin à la violence" et à s'assurer que les auteurs de ces violences, "y compris ceux qui ont attaqué les observateurs de l'ONU en Syrie", aient des comptes à rendre.

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