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18/06/2012 05:18 EDT | Actualisé 18/08/2012 05:12 EDT

Québec: un syndicat étudiant lance un ultimatum au gouvernement

L'un des trois principaux syndicats d'étudiants du Québec a lancé lundi un "ultime appel à la médiation" au gouvernement de la province, alors que le conflit sur la hausse des frais de scolarité est entré dans son cinquième mois.

La Fédération étudiante collégiale du Québec (FECQ) a donné 72 heures au gouvernement pour y répondre, précisant que cet appel public fait suite à "deux demandes confidentielles envoyées, par avocat, au cours du conflit et laissées sans réponse jusqu'à maintenant".

Le syndicat n'indique pas quelle sera sa réaction si le gouvernement ne répond pas à sa demande dans le délai imparti.

A propos de la médiation, "il est maintenant l'heure (...) de mettre l'orgueil de côté et de s'y engager réellement" lance, dans un communiqué, Éliane Laberge, présidente de la FECQ, qui propose d'avoir recours au Barreau du Québec ou à un organisme privé de médiation pour diriger les discussions.

Pour la présidente du syndicat, "contrairement à ce que pense le gouvernement" du Premier ministre Jean Charest, "la crise étudiante reste entière, alors que la suspension des semestres ne règle pas le problème et ne fait que le remettre à plus tard".

Elle fait allusion à la loi 78, dite "loi spéciale", adoptée en mai, qui a suspendu les cours dans les établissements en grève jusqu'à leur reprise à la mi-août, en plus de limiter le droit de manifester.

La ministre de l'Éducation, Michelle Courchesne, avait quitté la table des négociations le 31 mai dernier, après quatre jours de discussions pour régler le conflit portant sur une hausse des frais d'inscription de 82% sur sept ans.

La direction de la FECQ déplore par ailleurs "que le premier ministre ait passé plus de temps à tourner une vidéo qu'à négocier avec les étudiants", référence à un spot publicitaire du Parti libéral au pouvoir, diffusé depuis lundi au Québec, qui met en scène Jean Charest y expliquant sa vision de la fonction de Premier ministre: "c'est être capable de prendre des décisions qui sont souvent difficiles, mais toujours pour le long terme", dit-il notamment, face à la caméra, sans toutefois parler clairement du mouvement étudiant.

Le conflit étudiant dure depuis le 13 février et le gouvernement envisagerait de déclencher des élections anticipées à l'automne pour trancher la situation.

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