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Membres de la CPI détenus: le chef de la diplomatie australienne en Libye

18/06/2012 07:59 EDT | Actualisé 18/08/2012 05:12 EDT

Le ministre australien des Affaires étrangères, Bob Carr, est arrivé lundi en Libye, afin de plaider pour la libération d'une délégation de la Cour pénale internationale (CPI), dont une avocate australienne chargée de la défense de Seif al-Islam Kadhafi.

Les quatre membres du personnel de la CPI, Me Melinda Taylor et ses collègues espagnol, russe et libanais, sont détenus depuis le 7 juin à Zenten (170 km au sud-ouest de Tripoli).

Ils étaient venus à Zenten rencontrer Seif al-Islam, détenu depuis son arrestation en novembre par une brigade d'anciens rebelles de cette ville. Le fils de l'ancien homme fort de Libye est recherché par la CPI pour crimes contre l'humanité, mais Tripoli souhaite le juger elle-même.

Mme Taylor est accusée d'espionnage: selon des responsables libyens, elle avait apporté un stylo-caméra et une lettre codée de l'ancien bras droit de Seif al-Islam, Mohammed Ismaïl, aujourd'hui en fuite.

Peu après son arrivée, M. Carr a été reçu par le Premier ministre libyen par intérim, Abdel Rahim al-Kib, avant d'autres rencontres avec de hauts responsables des autorités de transition, selon le bureau de M. Kib.

"Je veux rester prudent quant à mes commentaires sur les détails des accusations et j'attends peu des discussions prévues aujourd'hui", a déclaré le ministre avant les rencontres, à la radio australienne ABC.

"Mais nous allons souligner le fait que Mme Taylor est en Libye en vertu d'un mandat de la CPI et du Conseil de sécurité de l'ONU, et que ce mandat garantit une immunité", a-t-il ajouté.

M. Carr a estimé que Mme Taylor avait été prise dans le conflit entre la CPI et les autorités libyennes concernant l'endroit où doit être jugé Seif al-Islam Kadhafi. "Il y a une querelle plus large (...) et c'est dans cette querelle que Melinda Taylor a été impliquée sans le vouloir", a-t-il souligné.

"Elle fait son travail pour la CPI, mais les autorités libyennes, de même que celles de Zenten, contestent le droit de la CPI à faire cela", a-t-il ajouté.

Le porte-parole du gouvernement libyen avait indiqué la semaine dernière que l'arrestation de la délégation était "une affaire de sécurité nationale".

M. Carr a par ailleurs indiqué qu'il chercherait à obtenir des visites de l'ambassadeur David Ritchie "plus régulières" pour Mme Taylor, de même que la possibilité pour elle de joindre au téléphone son mari et ses parents en Australie, espérant obtenir "quelques progrès de ce côté" en attendant sa libération.

Le ministre libyen adjoint des Affaires étrangères Mohammed Abdel Aziz, qui a rencontré M. Carr, lui a affirmé que Mme Taylor était "bien traitée" et "vivait dans d'excellentes conditions", selon l'agence officielle Lana.

"La Libye coopérera avec la Cour pénale internationale pour trouver un accord au sujet de la détention de son équipe en Libye", at-il précisé.

Vendredi, le Conseil de sécurité de l'ONU a fait part de sa "profonde préoccupation" concernant cette détention et rappelé aux autorités libyennes qu'elles étaient tenues de coopérer avec la CPI en vertu des résolutions de l'ONU adoptées en 2011 et qui ont abouti au renversement de Mouammar Kadhafi.

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