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L'exportation de zébus suspendue à Madagascar, des voleurs toujours retranchés

18/06/2012 02:26 EDT | Actualisé 18/08/2012 05:12 EDT

Madagascar a suspendu lundi l'exportation de zébus dont le trafic a mis la région d'Amboasary Atsimo (sud-est) sous haute tension, avec une centaine de voleurs armés retranchés dans un village et qui défient toujours les forces de l'ordre.

Six gendarmes ont été abattus et cinq autres sont portés disparus après une embuscade tendue le 9 juin par ces voleurs de bétail, communément appelés "Dahalo" mais passés au stade de grand banditisme.

"L'enquête suit son cours pour démanteler le réseau et identifier les responsables à tous les niveaux. Une des premières actions du gouvernement sera d'interdire provisoirement les exportations de zébus", a annoncé la Primature (Premier ministre de transition) dans un communiqué.

Ce communiqué fait suite au retour d'une délégation ministérielle après une mission de cinq jours dans la région d'Amboasary Atsimo. Des renforts de gendarmerie ont été appelés et un hélicoptère privé a été envoyé pour survoler la zone et localiser les voleurs en attendant.

"Nous ne savons pas si nous allons donner l'assaut, cela dépend de l'attitude des Dahalo. Nous comptons utiliser la force en dernier recours", a expliqué à l'AFP le colonel Rakotomalala, chef de service des opérations de la gendarmerie nationale.

Selon l'ONU, la situation a fait un millier de déplacés, parmi lesquels "800 personnes dans une situation de vulnérabilité", selon Steve Lauwerier, coordinateur résident des Nations Unies ad interim à Madagascar.

"Nous soutenons le gouvernement dans leurs efforts pour trouver une solution pacifique à ce problème et nous suivons la situation de près", a-t-il déclaré à l'AFP, alors que des représentants de l'ONU et du Programme alimentaire mondial (PAM) ont accompagné la mission ministérielle sur place.

Selon des sources proches du dossier, les Dahalo bénéficient d'un réseau de corruption et de complicité dans l'administration pour écouler leurs marchandises vers la capitale.

"Il n'y a pas d'action coordonnée des ministères concernés pour lutter contre ce trafic", a précisé le colonel Rakotomalala. "Nous avons du mal à faire face car nous manquons de moyens. Utiliser des hélicoptères de l'armée coûterait trop cher".

D'une pratique ancestrale locale, vénéré et considéré comme un signe de virilité dans certaines sociétés du sud de Madagascar, le vol de zébus a changé de nature, par sa violence et le nombre des malfaiteurs et en avril, le gouvernement avait annoncé une grande "opération de sécurisation nationale".

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