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Les oeuvres du Centre Pompidou Mobile font escale à Boulogne-sur-Mer

18/06/2012 12:57 EDT | Actualisé 18/08/2012 05:12 EDT

BOULOGNE-SUR-MER, France - Ancienne gare maritime de Boulogne-sur-Mer. À la place des passagers et des bateaux pour l'Angleterre, trois grandes tentes colorées abritent 15 oeuvres de l'art moderne et contemporain dans le cadre de l'opération Centre Pompidou Mobile, qui souhaite ainsi «désacraliser» le musée et amener le public le plus large possible à découvrir toiles et installations au plus près...

Approcher la «Femme en bleu» de Pablo Picasso, plonger dans toutes les nuances de jaune dans «La Gamme jaune» de Frantisek Kupka ou scruter «Les Grands Plongeurs noirs» de Léger, tel est le programme proposé pendant trois mois aux Boulonnais, qui pourront admirer gratuitement de près 14 pièces du musée parisien et une extraite de la collection du FRAC Pas-de-de-Calais, autour du thème de la couleur, à travers de grands artistes du XXe siècle.

Accompagné par le cri des mouettes qui survolent les lieux, le visiteur profite des peintures, sculptures et installations comme rarement dans un musée «classique». Autour du choix resserré de pièces fortes et accessibles sans connaissance particulière de l'art, la présentation des oeuvres facilite la rencontre, grâce à des cimaises qui permettent d'approcher notamment les toiles de très près, bien que protégées par une vitre, et l'éclairage particulier évite l'effet désagréable de reflet ou d'éloignement.

À l'origine de cette «idée un peu folle», le président du Centre Pompidou Alain Seban a voulu «désacraliser le musée» pour attirer les «50 pour cent de Français qui ne mettent jamais les pieds dans un musée d'art», pour «une décentralisation de la culture». «Ce qui est important, c'est que quelques-uns de nos visiteurs éprouvent un déclic, un choc», face à une ou deux oeuvres d'art, «qui leur donnera envie d'en voir d'autres, alors nous aurons rempli au centuple notre mission», a-t-il estimé lors de l'inauguration des lieux.

Et d'observer qu'«aucune copie, aucune visite virtuelle ne remplacera le rapport à l'original».

Outre le choix de la structure «simple» à la «forme populaire» de la tente colorée, clin d'oeil au cirque, à la fête foraine et à Beaubourg, le Centre Pompidou Mobile propose de faciliter la visite du public néophyte avec des médiateurs accompagnés de valises pédagogiques pour les enfants, et des comédiens pour les adolescents et les adultes invités à «un voyage dans la couleur» avec des effets sonores.

Pour la commissaire d'exposition Emma Lavigne, le thème de la couleur «parle à tous» en plus d'être «fondamental dans l'histoire de l'art». Sa sélection, parmi les 60 000 oeuvres que possède le Centre Pompidou, part de «L'Estaque», toile de la période fauve de Georges Braque datant de 1906 pour s'achever sur l'étonnante installation d'Olafur Eliasson «Your Concentric Welcome» de 2004.

Fruit de quatre ans de travail, ce musée ambulant, une première internationale, a nécessité un investissement de 2,5 millions d'euros (environ 3,2 millions $ CAN) financé par le Centre Pompidou, ses mécènes et ses partenaires publics (ministère de la Culture et Conseil de la création artistique), et un coût d'environ 400 000 euros (plus de 515 000 $ CAN) pour chaque ville d'accueil.

Les deux premières étapes ont connu un franc succès avec plus de 35 000 visiteurs à Chaumont (Haute-Marne), qui a entraîné une augmentation de la fréquentation des musées de la ville de 77 pour cent, et près de 48 000 visiteurs à Cambrai (Nord). À noter que le Centre Pompidou Mobile constituera une sorte de test pour la municipalité de Boulogne-sur-Mer, qui pourrait reconvertir la friche de la gare maritime en site culturel.

Cet étonnant musée ambulant a d'ores et déjà prévu ses trois prochains arrêts (Libourne, Le Havre et Nantes) avec un thème et des oeuvres différents.

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