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Le président ivoirien veut rapatrier ses compatriotes clandestins d'Israël

18/06/2012 02:38 EDT | Actualisé 18/08/2012 05:12 EDT

Le président ivoirien Alassane Ouattara, en visite dans l'Etat hébreu, a affirmé qu'il allait oeuvrer au rapatriement de ses ressortissants installés illégalement en Israël, a indiqué lundi le bureau du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu dans un communiqué.

"Le président ivoirien Ouattara a donné son agrément pour qu'Israël rapatrie chez eux les ressortissants ivoiriens venus ici sans permis", a-t-il affirmé, à l'issue d'entretiens à Jérusalem entre MM. Netanyahu et Ouattara.

Ce dernier, arrivé dimanche, s'est aussi entretenu du problème de l'immigration clandestine avec le président de la Knesset (Parlement), Réouven Rivlin.

Après sa rencontre avec M. Rivlin, M. Ouattara a cependant émis un doute sur l'exactitude des estimations israéliennes selon lesquelles quelque 2.000 Ivoiriens vivent illégalement en Israël.

"Nous ne sommes pas sûrs de ce chiffre (...) Nous allons examiner la liste et ramener nos citoyens dans leur pays, leur patrie, en pleine coopération avec Israël", a déclaré le chef d'Etat ivoirien, selon un communiqué de la Knesset.

"Nous connaissons très bien le problème des migrants, en tant qu'Etat qui a simultanément intégré des réfugiés, et d'où 250.000 réfugiés ont fui lors d'une grave crise politique", a-t-il ajouté.

"A ce jour, nous avons réussi à ramener à environ 60.000 le nombre de nos réfugiés à travers le monde, et nous espérons qu'ils reviendront en Côte d'Ivoire dans les prochains mois", a-t-il encore dit.

"Pour moi, c'est humiliant de voir des ressortissants africains tenter de se rendre pratiquement à n'importe quel prix dans un autre pays", a-t-il ajouté.

La présence de quelque 60.000 immigrants africains, surtout du Soudan, du Soudan du Sud et d'Erythrée, venus clandestinement en Israël via la frontière égyptienne, a suscité en mai une manifestation anti-immigrés à Tel-Aviv qui a dégénéré en violences xénophobes.

Le gouvernement a décidé dans un premier temps d'expulser 1.500 Sud-Soudanais et 2.000 Ivoiriens en situation irrégulière, après avoir reçu le feu vert de la justice. Un premier avion charter a ramené dimanche soir 127 clandestins sud-soudanais. Tous ont accepté de partir après avoir reçu une prime au départ d'environ 1.000 euros par adulte et de 400 euros par enfant.

Les autorités israéliennes ont poursuivi lundi leur campagne d'arrestations de clandestins lancée il y a huit jours en vue de leur expulsion.

Israël met par ailleurs les bouchées doubles pour achever l'édification d'une imposante barrière de sécurité le long de sa frontière avec l'Egypte, de même qu'un centre de rétention dans le désert du Néguev (sud) capable d'accueillir jusqu'à 20.000 immigrants en situation irrégulière.

scw-chw/cco

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