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Le chroniqueur Daniel Audet est décédé dans la nuit de dimanche à lundi

18/06/2012 03:10 EDT | Actualisé 18/08/2012 05:12 EDT

MONTRÉAL - Le chroniqueur Daniel Audet, ancien chef de cabinet de Bernard Landry et l'une des voix du mouvement de droite au Québec, est décédé dans la nuit de dimanche à lundi à l'âge de 51 ans.

Parmi ceux qu'on désigne comme des ténors de la droite, Daniel Audet n'est pas le plus connu du public québécois, mais il n'en a pas moins été un acteur influent.

Plus récemment connu comme chroniqueur au Journal de Montréal, il a été premier vice-président du Conseil du patronat du Québec et administrateur au conseil d'administration de l'Institut économique de Montréal.

Il a également été directeur associé au cabinet de relations publiques National, à Montréal, de 2003 à 2005.

Se disant lui-même souverainiste et défenseur de la langue française, Daniel Audet a été directeur de cabinet de Bernard Landry quand ce dernier était vice-premier ministre et ministre des Finances.

À l'annonce de son décès lundi, le chef du Bloc Québécois, Daniel Paillé, a exprimé sa profonde tristesse.

«Nous regrettons la perte d'un ami, d'un passionné du Québec, d'un citoyen engagé qui a milité toute sa vie pour que son pays soit reconnu dans le monde pour ce qu'il est: une nation forte, ingénieuse, solide économiquement et culturellement», a-t-il indiqué par voie de communiqué.

«Mes collègues du Bloc Québécois se joignent à moi pour offrir leurs plus sincères condoléances à la famille et aux proches. Nous avons également une pensée toute spéciale à la fille de Daniel, Marion Audet.»

Daniel Audet a également agi comme délégué général du Québec à Londres, où il a travaillé de 2000 à 2003.

Il a été reçu au Barreau en 1990 et a pratiqué le droit dans un cabinet privé, en plus de travailler comme vice-président aux affaires corporatives chez Vidéotron de 1998 à 2000.

En 2007, alors âgé de 46 ans, il a reçu un diagnostic de tumeur au cerveau incurable et inopérable. Il a subi un traitement expérimental aux États-Unis avec un certain succès, prolongeant ainsi sa vie par rapport au pronostic de départ.

La chef de l'Opposition officielle, Pauline Marois, a tenu à rendre hommage à un «grand Québécois et membre éminent de la famille souverainiste».

«Il a vécu passionnément et a poursuivi son combat contre la maladie avec un courage exceptionnel et une détermination sans borne. (...) Jusqu'à son départ, il aura été un puissant exemple de résilience pour les gens atteints du cancer et pour leurs proches», a fait valoir Mme Marois dans un communiqué.

À titre de délégué général du Québec à Londres, il a «su représenter le Québec avec honneur», a-t-elle soutenu.

«Tous les membres de notre famille politique avaient de l'affection pour Daniel Audet. Il avait ses opinions bien à lui, mais tous le connaissaient comme un gentilhomme qui savait débattre avec respect et nuances», a dit la députée de Charlevoix.

Elle a parlé d'un «homme d'une intelligence exceptionnelle, dont la contribution exemplaire à la société québécoise dans les domaines politique, médiatique et économique est indéniable».

Bien que souverainiste, on l'a toujours placé à droite du spectre économique. Il s'est déjà dit opposé à un État trop présent qui crée des programmes «mur à mur» et s'est aussi décrit comme un défenseur des chartes des droits. Il a déjà aussi soutenu que le manifeste «Pour un Québec lucide» n'allait pas assez loin.

«Ni le Parti québécois ni le Parti libéral, qui nous ont dirigés depuis 1970, n'ont eu le courage de remettre en question les soi-disant acquis, exception faite de l'épisode du déficit zéro», a-t-il déjà écrit dans l'un de ses commentaires.

Il a aussi écrit que la dette récente du Québec n'était pas due à la plus grave récession qu'on ait connu depuis des décennies, mais qu'elle est «due à un niveau de vie trop élevé pour nos moyens. À rien d'autre».

Le président du Conseil du patronat du Québec, Yves-Thomas Dorval, a parlé d'un «ami et collègue, apprécié et amoureux de la vie», parti après cinq années d'un «combat tenace contre cette maladie implacable».

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