NOUVELLES

L'artisan du succès contre Al-Qaïda au Yémen tué à Aden

18/06/2012 04:52 EDT | Actualisé 17/08/2012 05:12 EDT

Le général Salem Ali Qoton, artisan des récents succès contre Al-Qaïda dans le sud du Yémen, a été tué lundi devant son domicile à Aden dans un attentat suicide, dont la responsabilité a été imputée par le chef de l'Etat au réseau extrémiste.

Le président Abd Rabbo Mansour Hadi a affirmé que l'attaque avait été menée par des "éléments d'Al-Qaïda" et promis de "continuer à nettoyer le pays des (...) terroristes et de maintenir la sécurité et la stabilité", selon un communiqué diffusé dans la soirée par l'agence Saba.

L'officier est mort au moment où ses troupes venaient de chasser les combattants d'Al-Qaïda de la province d'Abyane, dont ils contrôlaient plusieurs villes depuis un an.

"Sa disparition est une grande perte pour le Yémen et pour la lutte contre Al-Qaïda étant donné qu'il a su en trois mois porter des coups décisifs au réseau extrémiste et nettoyer les provinces d'Abyane et de Chabwa", a commenté l'un de ses proches collaborateurs, le général Ali Mansour.

Le général Qoton, commandant du 31ème Bataillon blindé, avait été chargé par le président Hadi de conduire l'offensive lancée le 12 mai et qui a permis, un mois plus tard, de déloger les combattants d'Al-Qaïda de leurs fiefs de Jaar, Zinjibar et Chuqra.

En un mois, les combats ont fait 567 morts selon un bilan compilé par l'AFP à partir de différentes sources: 429 combattants d'Al-Qaïda, 78 soldats, 26 supplétifs de l'armée et 34 civils.

Lundi matin, un homme s'est présenté au domicile du général dans le quartier de Mansoura à Aden. Il a attendu de lui serrer la main pour faire exploser la charge qu'il portait sur lui, selon un proche de la victime. L'officier a apparemment cru que le kamikaze allait lui présenter une lettre de doléances, une pratique habituelle au Yémen.

Mais une source militaire citée par le site internet du ministère de la Défense a donné une autre version, indiquant que le kamikaze, un Somalien, s'était jeté sur la voiture du général, tuant l'officier et deux de ses gardes et blessant cinq civils, dont deux femmes.

L'attentat n'a pas été revendiqué.

Après leur déroute à Abyane, les combattants d'Al-Qaïda ont tenté de se regrouper à Azzan, dans la province de Chabwa, plus à l'est, mais ont fini par l'évacuer sous la pression de tribus locales, selon Yaslam Bajanoub, membre de la médiation entre le réseau extrémistes et les tribus.

Le président Hadi avait prévenu qu'il ne tolérerait pas cette présence et que ces tribus pourraient s'exposer à des opérations militaires.

Les combattants d'Al-Qaïda ont également quitté, selon des sources tribales, la ville de Houta, qui était considérée comme l'un de leurs fiefs secondaires dans la province de Chabwa.

Le gouverneur de cette province, Hassan al-Ahmad, a échappé lundi à un attentat tendu par des combattants contre son convoi, selon ces sources. Deux deux soldats et un civil ont été tués dans les échanges de tirs.

Le réseau extrémiste semble avoir choisi de se réfugier dans les zones montagneuses difficiles d'accès au lieu d'occuper des centres urbains où il s'expose plus aux coups de l'armée qui est, selon des diplomates, épaulée par des conseillers américains.

L'armée américaine contribue aussi à la lutte contre Al-Qaïda par des attaques de drones visant les chefs du réseau, qui sont en mouvement permanent dans la vaste et désertique zone du sud et du sud-est du Yémen.

Al-Qaïda avait profité de l'affaiblissement du pouvoir central à la faveur de l'insurrection populaire contre l'ancien président Ali Abdallah Saleh en 2011 pour renforcer son emprise dans l'est et le sud du Yémen.

Mais depuis son élection en février, le président Hadi, a fait de la lutte contre Al-Qaïda sa priorité absolue alors que son prédécesseur était souvent accusé d'entretenir une relation ambiguë avec le réseau extrémiste.

bur-lyn/vl/cco

PLUS:afp