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18/06/2012 05:06 EDT | Actualisé 17/08/2012 05:12 EDT

La Jordanie réclame 200 M USD à la Libye pour avoir pris soin de ses blessés

Les hôpitaux et les hôtels jordaniens réclament plus de 200 millions de dollars à la Libye d'arriérés de factures pour les dizaines de milliers de personnes venues se faire soigner dans le royaume hachémite depuis la chute de Mouammar Kadhafi.

Au cours des six derniers mois, une quarantaine d'hôpitaux privés ont soigné plus de 55.000 Libyens, sans exiger de garanties en raison d'une convention signée en novembre avec une commission libyenne, explique Fawzi Hammuri, directeur de l'Association des cliniques privées jordaniennes.

Selon lui, quelque 2.000 patients libyens sont toujours hospitalisés à Amman, mais certains hôpitaux refusent dorénavant les Libyens. La note s'élève en effet à 105 millions de dollars, que la commission libyenne n'a pas encore commencé à rembourser.

A Tripoli, une responsable du ministère de la Santé a expliqué que la commission examinait encore les factures, dont beaucoup comprenaient "des erreurs", mais a assuré qu'elles seraient honorées dès la fin de l'audit.

Le programme mis en place par les nouvelles autorités libyennes pour faire soigner en Jordanie mais aussi en Tunisie, en Turquie, en Italie et en Grèce les blessés du conflit de 2011 est englué dans le scandale depuis que ses fonds ont été utilisés pour des soins de confort, des aides à la procréation et des viatiques pour les proches des blessés.

Pour le ministre jordanien de la Santé, Hatem Azraai, les problèmes ont commencé quand des hôpitaux ont conclu des accords avec la Libye hors du cadre du ministère. Désormais, les deux pays ont conclu des accords pour régler le problème, mais "les Libyens doivent s'organiser pour payer les factures".

En marge des soins, les patients libyens et leurs proches ont aussi laissé environ 100 millions de dollars de factures impayées dans les hôtels et les appartements meublés jordaniens, dont certains, déjà touchés par une forte baisse du tourisme avec le Printemps arabe, sont au bord de la faillite.

Des propriétaires d'hôtels ont récemment manifesté devant l'ambassade de Libye à Amman, et selon la presse locale certains d'entre eux ont chassé leurs clients libyens.

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