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La FECQ lance un appel à la médiation au gouvernement pour mettre fin au conflit

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ELIANE LABERGE
Radio-Canada.ca

MONTRÉAL - La Fédération étudiante collégiale du Québec (FECQ) a lancé lundi un troisième appel à la médiation au gouvernement Charest, seul moyen selon elle de résoudre le conflit qui oppose les étudiants et l'État québécois depuis plusieurs mois.

Une telle requête avait déjà été formulée par la FECQ les 1er et 23 mai derniers, quand des lettres avaient été envoyées en privé au premier ministre Jean Charest et à la ministre de l'Éducation, Michelle Courchesne.

Étant donné l'échec des deux tentatives précédentes — le gouvernement n'avait pas répondu aux demandes —, la FECQ a décidé de dévoiler ses intentions et d'essayer un nouveau canal de communication, l'espace public.

Le premier ministre Jean Charest a soutenu lundi qu'il voulait d'abord savoir sur «quelles bases» la FECQ veut négocier.

«Ce qui nous intéresse, c'est de connaître les positions de la FECQ, parce que le gouvernement a bougé plusieurs fois depuis le début (du conflit), en étalant la hausse des droits de scolarité, en mettant en place un régime de remboursement des prêts proportionnel au revenu, en bonifiant les bourses et les prêts. Du côté étudiant, il n'y a pas eu de mouvement», a soutenu le premier ministre, qui est à Rio de Janeiro, au Brésil, en marge de la Conférence des Nations unies sur le développement durable.

«Je veux bien qu'on fasse appel à une négociation, encore faut-il qu'ils nous disent sur quelles bases ils veulent la faire, sinon on va se retrouver au même endroit où nous étions», a ajouté le premier ministre.

La présidente de la FECQ, Éliane Laberge, considère que la médiation, un processus «qui a fait ses preuves» selon son expression, permettra de rapprocher les parties et d'en arriver à un compromis qui conviendra à tous.

Elle espère également mettre fin à la crise et permettre aux étudiants de retourner en classe au mois d'août en utilisant cette méthode.

Quelques heures après que la FECQ eut lancé cet appel, le président de Fédération des travailleurs du Québec (FTQ), Michel Arsenault, a demandé au gouvernement du Québec de «saisir au vol» l'appel à la médiation du mouvement étudiant.

Il estime que la demande formulée par la FECQ constitue un geste qui témoigne d'une «volonté réelle de résoudre le conflit» et ajoute qu'en y répondant positivement, le gouvernement ferait la démonstration qu'il «entend réellement, lui aussi, mettre fin à la crise».

Par souci de neutralité, explique Mme Laberge, la FECQ prévoit confier le dossier de la médiation à la clinique juridique Juripop afin qu'elle travaille avec le Barreau du Québec, qui chapeauterait l'organisation de la médiation. Autrement, la Fédération songe à faire appel à l'Institut de médiation et d'arbitrage du Québec.

Mme Laberge peine à imaginer un autre moyen de régler le conflit, et elle dit espérer «sincèrement» que le gouvernement «prendra ses responsabilités» en choisissant d'utiliser le processus de médiation «de bonne foi».

«Le gouvernement, et M. Charest en particulier, devraient passer moins de temps à faire des publicités avec l'argent des contribuables», lance-t-elle, en référence à une publicité diffusée par le Parti libéral du Québec.

«Arrêtez de faire des vidéos et acceptez de rencontrer les représentants étudiants avec un médiateur», ajoute-t-elle.

Et tandis que dans sa vidéo, M. Charest dit prendre des décisions responsables «quelles que soient les pressions», Mme Laberge voit les choses autrement.

«Un gouvernement responsable ne laisse pas traîner un conflit comme celui-là pendant quatre mois», croit-elle.

La FECQ prévoit continuer la mobilisation et l'idée d'une trêve est clairement écartée par sa présidente. La FECQ a prévu plusieurs manifestations dans les régions du Québec au cours des prochains jours.

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