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Grèce: la droite va tenter de former une coalition gouvernementale

18/06/2012 05:25 EDT | Actualisé 18/08/2012 05:12 EDT
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ATHÈNES, Grèce - Antonis Samaras, à la tête du parti pro-austérité Nouvelle démocratie (ND), a été mandaté lundi par le président grec pour entamer des négociations sur la formation d'une coalition gouvernementale, au lendemain de sa victoire aux législatives, devant la gauche radicale anti-austérité de Syriza.

Avec 129 des 300 sièges du Parlement monocaméral, les conservateurs de ND doivent s'allier avec les socialistes également pro-austérité du PASOK, arrivés troisièmes avec 33 députés, ainsi peut-être qu'avec la petite formation de la Gauche démocratique (17 élus), opposée aux coupes budgétaires mais disposée à faire le nécessaire pour permettre la composition d'un gouvernement fort.

Syriza, qui refuse de mettre en oeuvre les programmes d'économie promis en échange de quelque 240 milliards d'euros d'aide de l'Union européenne et du Fonds monétaire international (FMI) depuis 2010, obtient 71 sièges. À l'extrême droite, l'Aube dorée, opposée aussi à l'austérité, obtient 18 sièges (contre 21 dans la précédente assemblée qui n'a siégé qu'un jour).

Sans l'aide internationale, la Grèce, surendettée et dans sa cinquième année de récession économique, aurait fait faillite, faute de pouvoir honorer les échéances de sa dette souveraine.

Les législatives de dimanche, réédition de celles du 6 mai qui n'avaient pas dégagé de majorité nette ni abouti à un accord de partage du pouvoir, faisaient figure de référendum sur le maintien de la Grèce parmi les 17 pays de la zone euro. Sa sortie pourrait avoir des conséquences catastrophiques pour ses partenaires européens déjà touchés par la crise de la dette et aurait aussi un impact sur les États-Unis et le reste de l'économie mondiale.

Pour Antonis Samaras, les Grecs ont voté pour le maintien de leur pays dans la zone euro et le respect des engagements pris envers les bailleurs de fonds internationaux. «C'est une victoire pour toute l'Europe (...) Nous travaillerons ensemble avec nos partenaires en Europe pour compléter les politiques actuelles par un volet de croissance. Nous sommes déterminés à faire ce qu'il faut et à le faire vite», a-t-il assuré.

Il a appelé lundi à la formation d'un «gouvernement de salut national avec autant de partis que possible». «Je poursuivrai cet effort car le pays a besoin d'être immédiatement gouverné», a-t-il ajouté à l'issue d'un entretien avec le chef de Syriza, Alexis Tsipras. Mais ce dernier a exclu de rejoindre la coalition. «Nos stratégies sont opposées», a-t-il répété.

Les dirigeants de l'Union européenne (UE) ont paru soulagés par la perspective de la formation d'un gouvernement prêt à poursuivre la politique d'austérité contestée par de nombreux Grecs, qui ont vu leur niveau de vie s'effondrer.

L'UE a fait savoir dans un communiqué qu'elle était «convaincue que la poursuite des réformes budgétaires et structurelles étaient la meilleure garantie pour la Grèce de surmonter ses difficultés économiques et sociales actuelles».

La situation a également entraîné une remontée des bourses asiatiques lundi ainsi que de celle d'Athènes, qui a regagné 5,1 pour cent en début de séance. L'embellie a vite été atténuée par les inquiétudes concernant les autres économies en difficulté de la zone euro: l'Espagne et l'Italie.

La poursuite de l'aide internationale à la Grèce est conditionnée aux programmes d'austérité extrêmement impopulaires ainsi qu'à de nouvelles réformes structurelles. Athènes s'est engagé à adopter des coupes budgétaires de près de 15 milliards d'euros, à privatiser des entreprises et biens immobiliers de l'État et supprimer environ 150 000 postes de fonctionnaires.

Nouvelle démocratie et les socialistes demandent un délai d'au moins deux ans supplémentaires pour atteindre ces objectifs afin de soulager un peu les Grecs, également frappés par un taux de chômage de plus de 22 pour cent de la population active.

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