NOUVELLES
18/06/2012 03:44 EDT | Actualisé 18/08/2012 05:12 EDT

Génocide: le Rwanda clôt officiellement ses juridictions populaires "gacaca"

Le Rwanda a officiellement mis un terme lundi aux "gacaca", juridictions populaires créées en 2001 pour juger la plus grande majorité des auteurs présumés du génocide de 1994 dans le pays.

"Aujourd'hui ne marque pas seulement la clôture des tribunaux, mais reconnaît également la valeur, sur le long-terme, du processus," a déclaré le président rwandais, Paul Kagame, à l'occasion de la cérémonie de clôture à Kigali.

"C'est la célébration de la restauration de l'unité et de la confiance parmi les Rwandais, et la réaffirmation de notre capacité à trouver nos propres réponses à des questions apparemment insolubles," a-t-il ajouté.

La clôture de ces juridictions controversées, dont des organisations de défense des droits de l'Homme ont dans le passé déploré qu'elles ne respectaient pas les normes judiciaires internationales, avait initialement été programmée pour 2007.

Mais cette fin annoncée avait été plusieurs fois reportée, en raison de la complexité de certaines affaires, de nombreux recours et de la découverte de nouveaux faits.

Les gacaca (prononcer "gatchatcha"), inspirées des anciennes assemblées lors desquelles les sages du village réglaient les différends assis sur la pelouse, ont permis de juger près de deux millions de personnes, pour un taux de condamnation de 65%, selon des données du gouvernement rwandais.

Les premiers procès -- menés par des juges non professionnels, élus dans des collectivités locales -- avaient débuté en mars 2005. Le système reposait essentiellement sur les aveux de coupables qui, lorsqu'ils étaient complets, permettaient de reconstituer le déroulement des tueries.

Les gacaca avaient été lancées pour contribuer à la réconciliation post-génocide. Pour le gouvernement rwandais, ces juridictions étaient la seule façon de juger le grand nombre de personnes impliquées dans le génocide.

Perpétré entre avril et juillet 1994, le génocide au Rwanda a fait au moins 800.000 morts, principalement parmi la communauté tutsi, selon les Nations unies.

aud/hba

PLUS:afp