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Egypte: l'armée promet de remettre le pouvoir au président avant juillet

18/06/2012 08:20 EDT | Actualisé 18/08/2012 05:12 EDT

L'armée au pouvoir en Egypte a de nouveau promis lundi de remettre avant le 30 juin le pouvoir au nouveau chef de l'Etat issu de l'élection présidentielle dont le second tour s'est tenu samedi et dimanche.

Le nouveau président devrait cependant avoir peu de marge de manoeuvre compte tenu des vastes prérogatives que l'armée s'est octroyée dimanche soir.

Le Conseil suprême des forces armées (CSFA) va transférer le pouvoir au nouveau président "d'ici le 30 juin", a assuré un membre du CSFA, le général Mamdouh Chahine, au cours d'une conférence de presse.

"Le président de la République sera investi de tous les pouvoirs du président de la République", a indiqué un autre général au pouvoir, Mohammed al-Assar, à la même conférence de presse.

Le candidat des Frères musulmans, Mohammed Morsi, a revendiqué la victoire à ce premier scrutin présidentiel depuis la chute de Hosni Moubarak en février 2011.

Les résultats officiels n'ont toutefois pas encore été proclamés, et son rival Ahmad Chafiq, un ancien Premier ministre de M. Moubarak, assure lui aussi être en tête sur la base de résultats préliminaires.

Le vote samedi et dimanche s'est accompagné notamment de la dissolution par l'armée de l'Assemblée, dominée par les islamistes, en vertu d'une décision de justice invalidant l'élection des députés.

Une "déclaration constitutionnelle" du CSFA promulguée dimanche a également transféré le pouvoir législatif et budgétaire à la junte militaire en attendant une nouvelle Assemblée et l'adoption d'une nouvelle constitution par référendum.

Ces mesures, qui limitent la marge de manoeuvre du futur président au profit des militaires, ont été vivement dénoncées comme une forme de coup d'Etat déguisé par les islamistes et des mouvements pro-démocratie.

Le CSFA a toutefois assuré qu'il ne s'octroyait que des "pouvoirs législatifs restreints" afin de "créer un équilibre" entre les pouvoirs.

"Le Conseil militaire étudiera les lois proposées par le gouvernement", dont les membres seront choisi par le président, a déclaré le général Chahine. Les projets de loi seront ensuite "présentés au président, et ni le Conseil militaire ni le président ne pourront seuls faire passer une loi".

"Aucune branche du pouvoir ne peut assumer le législatif et l'exécutif seule. L'idée est de créer un équilibre", a-t-il dit. Ce mécanisme continuera de fonctionner jusqu'à l'élection de nouveaux députés, peut-être à la fin de l'année, a ajouté le général.

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