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18/06/2012 11:12 EDT | Actualisé 18/08/2012 05:12 EDT

Desjardins effectue une émission record de 1,2 milliard $ de parts de capital

MONTRÉAL - Afin notamment de renforcer sa capitalisation en vue de l'application des nouvelles règles bancaires internationales, le Mouvement Desjardins a lancé lundi la plus importante émission de parts de son histoire. La valeur totale de l'opération pourrait atteindre 1,2 milliard $.

Les parts de capital, qui ne sont offertes qu'aux membres des caisses populaires, ont une valeur nominale de 10 $ et la souscription minimale est de 100 $. Les titres sont vendus dans le réseau des caisses Desjardins partout au Québec.

Le taux d'intérêt versé sur les parts sera déterminé chaque année. Tant que la «conjoncture actuelle» se maintiendra, Desjardins promet un taux de 4,25 pour cent, mais ce rendement n'est pas garanti. Il pourrait descendre aussi bas que celui des obligations du gouvernement du Canada de cinq ans, qui est actuellement de moins de deux pour cent, voire encore plus bas.

Le Mouvement Desjardins a assuré dans un communiqué que l'acquisition de parts de capital «constitue un placement à long terme avec un rendement pouvant s'avérer avantageux».

«Pour nous, c'est important que ça ne soit pas vendu comme un dépôt à terme. Ce n'est pas un titre garanti, c'est un titre de capital», a tenu à préciser Marc Laplante, premier vice-président et directeur général de la Fédération des caisses Desjardins du Québec, au cours d'un entretien téléphonique.

En fait, si le Mouvement Desjardins devait faire faillite, ce qui apparaît bien improbable, les détenteurs de parts de capital seraient les derniers à être remboursés, derrière les déposants et les détenteurs d'obligations et de débentures.

Les parts ne sont pas rachetables, mais Desjardins a mis en place un «fonds fiduciaire», une sorte de Bourse privée par laquelle les détenteurs peuvent revendre leurs parts à d'autres membres.

«Desjardins fait encore une fois appel à la solidarité des membres des caisses afin de pouvoir répondre aux besoins de capital de ces dernières et des composantes du réseau, tout en respectant les nouvelles exigences réglementaires sur les fonds propres», a déclaré la présidente et chef de la direction de Desjardins, Monique Leroux.

Desjardins devient la première coopérative financière au monde à faire approuver des parts de capital en vertu des nouvelles règles bancaires internationales, dites de «Bâle III». Il a fallu plus d'un an pour préparer l'émission en collaboration avec l'Autorité des marchés financiers.

Pour la première fois, ce ne sont pas les caisses mais la Fédération des caisses qui émet les parts. La raison en est simple: les parts permanentes émises par les caisses ne respectent pas encore les règles de Bâle III.

En fait, il aurait été moins coûteux pour Desjardins de se financer en vendant des obligations sur le marché institutionnel. Le hic, c'est que ces titres ne sont pas admissibles en vertu de Bâle III.

Les nouvelles parts permettront au géant coopératif de ramener son ratio du capital de première catégorie de 16 à 17,1 pour cent environ. Le ratio atteignait 17,3 pour cent à la fin décembre, mais il a reculé à la suite de l'application des normes comptables internationales (IFRS).

La plus grande partie du capital de première catégorie de l'institution est composée des réserves, soit les excédents non répartis des années passées. Bâle III impose un ratio du capital de première catégorie minimal d'environ 12 pour cent à Desjardins.

L'institution respecte également l'autre critère clé de Bâle III: celui en matière de liquidités. Il reste à Desjardins à se conformer à certaines «modalités techniques» dans le cadre des nouvelles règles. La coopérative vise le début de 2013 ou de 2014 pour y parvenir.

Depuis 1989, les membres de Desjardins ont acheté pour 2,1 milliards $ de parts permanentes pour capitaliser l'institution. La dernière émission remontait à 2009.

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