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18/06/2012 09:52 EDT | Actualisé 18/08/2012 05:12 EDT

24 Heures du Mans - Pilotes professionnels et amateurs, cohabitation risquée

La sécurité s'est beaucoup améliorée aux 24 Heures du Mans, en termes de solidité des voitures et d'aménagement du circuit, comme on l'a encore vu samedi soir lors de l'accident de la Toyota N.8 d'Anthony Davidson, mais la présence de certains pilotes amateurs reste un risque majeur.

Double vainqueur depuis dimanche soir, Benoît Tréluyer, le pilote de l'Audi N.1, n'a pas mâché ses mots: "Cette année c'était particulièrement difficile de gérer le trafic, certains pilotes n'étaient visiblement pas habitués à rouler dans ces conditions et on a eu quelques difficultés parfois à éviter les accidents".

"A un moment, j'ai doublé une Ferrari en me mettant bien à l'intérieur et elle est venue me taper dedans. Ce n'était pas du tout sa trajectoire. Le fait qu'il y ait des pilotes amateurs, qui n'ont pas assez d'expérience, dans une course comme ça, au niveau où on est arrivés, cela devient vraiment dangereux. Cela ne devrait pas arriver".

Pour diminuer ce facteur de risque, le pilote Audi a une petite idée: "Au Mans, on devrait avoir besoin d'une super-licence (pour courir), comme en F1, ou au moins d'une licence professionnelle. La catégorie amateurs n'a pas grand chose à faire ici", estime Tréluyer, en oubliant au passage que la présence des "gentlemen drivers" permet de financer les trois quarts du plateau.

"C'est dommage qu'on ne puisse pas donner la chance à tout le monde de pouvoir faire les 24 Heures du Mans, mais on arrive à un moment où il faut faire attention à la vie des pilotes et cela devient vraiment dangereux. On roule à des vitesse assez excessives, et même si on est en sécurité dans les voitures, il ne faut pas attendre qu'il se passe des choses graves pour réagir", a ajouté Tréluyer.

Son collègue Stéphane Sarrazin, pilote Toyota, suggère un avertisseur dans les voitures, comme en rallye-raid, en plus des rétroviseurs qui, une fois de plus cette année, ont fait la preuve de leur inefficacité.

"Ce serait bien de faire comme sur le Dakar, apparemment ils ont des +bips+ dès que les voitures les rattrapent. Il faut proposer à l'Automobile Club de l'Ouest (ACO, organisateur des 24 Heures) de mettre des bips pour les P1 (ndlr: les gros prototypes de la catégorie-reine, LMP1). Ce n'est pas très cher et adaptable".

"Le gars (l'amateur) serait prévenu dans l'oreillette (de l'arrivée d'une P1), car déjà qu'il a du mal, souvent, à piloter la voiture, s'il faut en plus qu'il regarde dans le rétro, c'est encore plus difficile", ajoute Sarrazin.

L'ancien pilote Peugeot déplore aussi qu'il n'y ait pas vraiment eu de reconnaissance du circuit, comme les années précédentes, "avec les pros et les amateurs, pour expliquer précisément où on pouvait doubler, où il fallait être vigilant, etc." L'ACO a encore du pain sur la planche.

dlo-nk/jcp

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