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18/06/2012 10:03 EDT | Actualisé 18/08/2012 05:12 EDT

24 Heures du Mans - Audi a vu le péril jaune de près

Audi a encore triomphé aux 24 Heures du Mans dimanche, en signant un doublé historique des R18 e-tron quattro hybrides, et même un triplé grâce à une autre R18 ultra-légère, mais Toyota a fait honneur à sa réputation et reviendra certainement en 2013 avec les moyens de gagner.

En 1999, les deux marques s'étaient déjà croisées au Mans, dans des rôles inversés. Toyota aurait pu gagner, avec la fabuleuse GT-One, finalement 2e, et Audi découvrait la Sarthe. Treize ans plus tard, la marque aux anneaux perpétue sa domination -11e victoire, 5e triplé- mais le péril jaune se précise car le géant nippon, longtemps numéro 1 mondial, a donné un aperçu de son potentiel.

Au delà de la première place éphémère de Nicolas Lapierre samedi à 20h00, pendant deux tours (du 83e au 85e) et quelques minutes, les chronos des TS030 Hybrid, à moteur essence, donneront matière à réfléchir aux ingénieurs d'Audi en attendant la prochaine manche du Championnat du monde d'endurance (WEC), fin août sur le billard de Silverstone.

Le choix d'Audi, passer sur les roues avant la puissance électrique récupérée au freinage, aurait été payant s'il avait plu, grâce à l'effet quattro, or il n'a pas plu. Et celui de Toyota, la transmettre plutôt à l'essieu arrière, a été très efficace car assorti d'un petit détail du règlement de l'Automobile Club de l'Ouest (ACO).

A l'avant, la puissance ne peut-être utilisée qu'à partir de 120 km/h, soit trois secondes environ, sept fois par tour. A l'arrière, c'est dès 0 km/h, lors du redémarrage en sortie de virage lent ou de chicane, donc justement au moment où les pilotes en ont le plus besoin.

Ce petit détail aurait pu faire la différence au bout de 378 tours, tout comme la taille du réservoir, plus grande pour les moteurs essence des Toyota que pour les moteurs diesel des Audi.

"Bravo Toyota. Ils vont sûrement nous donner beaucoup de mal l'an prochain", a dit le Dr Wolfgang Ullrich, patron d'Audi et conscient du danger. "Il va peut-être falloir revoir les équivalences dans l'autre sens", a jugé un pilote Audi, conscient lui aussi du potentiel énorme des Toyota.

En attendant ce nouveau casse-tête technologique pour l'ACO, puis l'entrée en vigueur d'un règlement 2014 encore plus compliqué à appliquer, le péril jaune s'est manifesté aussi, dans l'ombre de Toyota, par la présence d'autres concurrents venus du pays du Soleil Levant.

Toyota fournissait aussi le moteur de la Lola de l'écurie Rebellion, arrivée 4e. Honda propulsait le proto du Starworks Motorsport victorieux en LMP2, devant une meute d'autres petits protos équipés par Nissan, qui motorisait aussi la révolutionnaire Delta Wing américaine. Dome est revenu en observateur, chez Pescarolo, et Mazda a annoncé son retour pour 2013, avec un moteur diesel.

Les Japonais adorent l'endurance automobile et même une crise économique majeure, un tsunami catastrophique et un accident nucléaire n'ont pas réussi à calmer leur enthousiasme pour l'épreuve mythique, créée en 1923.

Ils seront encore plus nombreux et mieux préparés, l'an prochain dans la Sarthe, pour marquer de leur empreinte le 90e anniversaire. Toyota voudra remporter une 2e victoire asiatique après celle de Mazda en 1991. Un gros livre raconte cette épopée sous le titre: "Never stop challenging ! (N'arrête jamais de te battre)". Tout un programme, appliqué chaque jour au Japon.

dlo/gd

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