La chancelière allemande Angela Merkel a estimé dimanche soir que la Grèce allait respecter ses engagements européens en matière de réformes, après la victoire du parti de droite Nouvelle Démocratie aux élections législatives.

La chancelière Angela Merkel a téléphoné dimanche soir avec Antonis Samaras, le président de Nouvelle Démocratie et "l'a félicité pour son bon résultat aux élections". "Elle a déclaré qu'elle partait du principe que la Grèce allait respecter ses engagements européens", selon un bref communiqué diffusé par le service de presse du gouvernement allemand.

La Nouvelle Démocratie est arrivée en tête des législatives grecques de dimanche avec 29,96% de voix, suivi par la gauche radicale du Syriza (26,65%) et le Pasok socialiste (12,46%), selon le décompte officiel de 85% des suffrages rendu publics par le ministère de l'Intérieur.

M. Samaras devrait être en mesure de former un gouvernement d'union nationale avec les autres formations pro euro.

Le gouvernement allemand a estimé dimanche soir que les Grecs avaient voté en faveur de "réformes économiques et fiscales profondes" lors des élections législatives, selon un communiqué du ministre allemand des Finances, Wolfgang Schäuble.

Alors que M. Samaras prône "une renégociation" du plan de rigueur imposé au pays depuis deux ans par les créanciers, M. Tsipras, souhaitait "l'annulation" pure et simple de ce plan et "plus de mesures de croissance" afin de relancer le pays plongé dans une grave récession pour la cinquième année consécutive.

L'Allemagne a envoyé un message d'ouverture dimanche soir en vue d'éventuelles négociations du plan de rigueur avec le leader de la droite grecque. "Il ne peut pas y avoir de changements substantiels aux engagements" de la Grèce pour son programme de réformes, a dit le ministre allemand des Affaires étrangères Guido Westerwelle, mais il a aussitôt ajouté: "je peux bien imaginer que nous discutions de nouveau des délais" pour sa mise en oeuvre.

Il a souligné que la Grèce avait connu "une paralysie politique ces dernières semaines en raison des élections". "Les citoyens normaux ne doivent pas en être les victimes, notamment ceux qui ont déjà du supporter des coupes drastiques", a déclaré M. Westerwelle.

Jusqu'à présent, Berlin était resté inflexible sur le programme de réformes négocié par Athènes avec l'UE et le FMI en échange d'un sauvetage financier, tant du point de vue de son contenu que des délais impartis.

L'UE espère un gouvernement vite et assure Athènes de son soutien

Les présidents de l'Union européenne Herman Van Rompuy et de la Commission européenne José Manuel Barroso ont affirmé dimanche depuis Los Cabos (ouest du Mexique) qu'ils espéraient en Grèce la formation d'un gouvernement "rapidement", et promis leur soutien à Athènes.

"Nous avons espoir que les résultats de l'élection permettront qu'un gouvernement soit formé rapidement", ont affirmé les deux responsables européens dans un communiqué commun.

La droite grecque favorable au programme économique négocié avec les partenaires de la zone euro et le Fonds monétaire international semblait dimanche soir en mesure de former un tel gouvernement après sa victoire aux élections législatives.

Le parti conservateur Nouvelle Démocratie semblait en mesure dimanche soir de constituer un gouvernement de coalition pro euro, après avoir remporté les élections législatives en Grèce.

"Nous continuerons à soutenir la Grèce en tant que membre de la famille de l'UE et de la zone euro. Nous nous tenons prêts à poursuivre notre assistance", ont poursuivi MM. Van Rompuy et Barroso, présents au Mexique pour représenter l'UE lors d'un sommet des chefs d'Etat et de gouvernement du G20, qui débute lundi.

"Le deuxième programme d'ajustement économique convenu entre la Grèce et l'Eurogroupe est la fondation sur laquelle bâtir pour favoriser la croissance, la prospérité et l'emploi pour le peuple grec. Nous nous tenons prêts à assister la Grèce pour atteindre ces objectifs", ont-ils conclu.

Le FMI ouvert aux discussions

Le Fonds monétaire international (FMI) s'est dit dimanche prêt "à discuter avec le nouveau gouvernement" issu des élections législatives en Grèce pour tenter de redresser l'économie du pays.

"Nous prenons acte des résultats des élections en Grèce et nous tenons prêts à discuter avec le nouveau gouvernement sur une voie qui aide la Grèce à atteindre son objectif de restaurer la stabilité financière, la croissance économique et l'emploi", a indiqué un porte-parole de l'institution dans un communiqué succinct.

La directrice générale du FMI Christine Lagarde, présente dimanche à Los Cabos (Mexique) à la veille de l'ouverture d'un sommet des chefs d'Etat et de gouvernement du G20, n'a de son côté fait aucun commentaire.

Le FMI a accordé en mars à la Grèce un nouveau prêt de 28 milliards d'euros, succédant à celui de 30 milliards d'euros de mai 2010, dont deux tiers avaient été versés. Les négociations sur les suites du versement de ce nouveau prêt sont en suspens depuis mai.