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Les socialistes remportent les élections législatives françaises

17/06/2012 04:21 EDT | Actualisé 17/08/2012 05:12 EDT

PARIS - Six semaines après la victoire de François Hollande à la présidentielle, le Parti socialiste a parachevé dimanche soir son Grand chelem électoral en obtenant la majorité absolue à l'Assemblée nationale, à l'issue du second tour d'élections législatives marquées par le retour de députés FN au palais Bourbon et une abstention record.

Comme lors du premier tour, les Français ont boudé les urnes, le taux de participation atteignant environ 56 pour cent des inscrits -un record pour des législatives sous la Ve République- selon les dernières estimations, soit une baisse de 1,2 point par rapport au scrutin du 10 juin. Bien loin des 59,98 pour cent du second tour de 2007 et surtout des 70,97 pour cent de l'édition 1997.

Grands gagnants de ces élections, le PS et ses alliés du Parti radical de gauche (PRG) et du Mouvement républicain et citoyen (MRC) comptent désormais entre 310 et 320 députés, soit plus que la majorité absolue de 289 sièges, et pourront si besoin se passer de l'appui d'Europe Ecologie-Les Verts (EELV) et du Front de gauche.

François Hollande dispose ainsi à la chambre basse du Parlement de la majorité "large, solide, cohérente" qu'il appelait de ses voeux pour pouvoir appliquer son programme. Il peut en outre compter sur une concentration sans précédent des pouvoirs à gauche: de l'exécutif aux grandes villes en passant par l'Assemblée, le Sénat, 21 régions sur 22 et six départements sur dix.

Ce net succès est toutefois terni par l'affaire de la 1ère circonscription de La Rochelle (Charente-Maritime), où le dissident Olivier Falorni, soutenu par la Première dame Valérie Trierweiler entre les deux tours, au grand dam du chef de l'Etat et de l'appareil socialiste, a battu Ségolène Royal, sonnant le glas des espoirs de "perchoir" de l'ancienne candidate PS à la présidentielle.

"Le résultat de ce soir est le résultat d'une trahison politique, puisque la mobilisation de l'UMP a été associée à l'utilisation malhonnête de l'étiquette majorité présidentielle qui a trompé un certain nombre d'électeurs", a dénoncé l'ex-compagne de François Hollande, qui s'est exprimée avant même 20h. Olivier Falorni a, lui, assuré qu'il siégerait au sein de la majorité présidentielle et soutiendrait "la politique de François Hollande", un homme qu'il soutient "depuis une dizaine d'années".

Grâce à l'accord conclu avec le PS, EELV obtient une vingtaine de sièges et peut constituer un groupe à l'Assemblée, le seuil minimal s'élevant à 15 députés. En revanche, le Front de gauche ne décroche qu'une dizaine de sièges, ce qui le prive de groupe.

A droite, l'UMP a beau avoir lancé un ultime appel aux électeurs pour qu'ils ne donnent pas "un chèque en blanc" aux socialistes, l'échec est patent. Le parti de l'ex-président Nicolas Sarkozy, qui conserve environ 220 sièges, contre 305 dans l'Assemblée sortante, paie là le prix de sa stratégie du "ni Front national ni front républicain".

Le secrétaire général de l'UMP Jean-François Copé, réélu en Seine-et-Marne, s'est dit "déçu" du résultat de son parti, à présent première force d'opposition. Mais il s'est projeté dans l'après-législatives, assurant que sa "priorité" était désormais "cette session extraordinaire du Parlement, où on doit être organisés, unis pour porter la contradiction à cette nouvelle majorité de gauche".

L'autre fait majeur de ce scrutin est l'élection de députés frontistes, après une absence de 26 ans à l'Assemblée -exception faite du court passage de Jean-Marie Le Chevallier en 1997-1998.

Si Marine Le Pen a échoué de très peu face au socialiste Philippe Kemel dans le Pas-de-Calais, non sans exiger un recomptage des voix, sa nièce Marion Maréchal-Le Pen, 22 ans, a elle été élue à la faveur d'une triangulaire dans le Vaucluse, de même que Gilbert Collard dans le Gard.

"Nous sommes deux seulement -alors que nous représentons plus de six millions d'électeurs- à être au Parlement, mais nous y sommes!", s'est félicité l'avocat lepéniste.

Parmi les personnalités qui jouaient gros ce dimanche, François Bayrou a été défait dans sa circonscription des Pyrénées-Atlantiques, où il devait faire face à une triangulaire. Son revers laisse le MoDem orphelin, même s'il sauve deux sièges dans la nouvelle Assemblée.

"Béarnais parmi les Béarnais, je continuerai bien entendu à vivre au milieu d'eux", a néanmoins promis le dirigeant centriste.

Autres battus illustres: les ex-ministres UMP Claude Guéant (Hauts-de-Seine), Nadine Morano (Moselle) et Michèle Alliot-Marie (Pyrénées-Atlantiques) et le socialiste Jack Lang (Vosges).

L'ensemble des ministres encore en lice ont converti avec succès l'essai du premier tour, tels Pierre Moscovici (Economie), Marisol Touraine (Affaires sociales), Stéphane Le Foll (Agriculture), Marylise Lebranchu (Réforme de l'Etat) ou Aurore Filippetti (Culture) et Kader Arif (Anciens combattants). Marie-Arlette Carlotti (Personnes handicapées) semblait aussi en passe de sauver sa place au gouvernement en battant l'ancien ministre et député UMP sortant Renaud Muselier dans les Bouches-du-Rhône.

En position délicate, les ex-ministres UMP Xavier Bertrand et Nathalie Kosciusko-Morizet ont été réélus, respectivement dans l'Aisne et l'Essonne

Au total, 541 des 577 sièges de l'Assemblée restaient à pourvoir à l'occasion de 495 duels et 34 triangulaires. On comptait également 12 candidatures uniques. AP

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