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L'armée syrienne intensifie le bombardement de Homs, où la crise humanitaire s'aggrave

17/06/2012 11:56 EDT | Actualisé 17/08/2012 05:12 EDT

BEIRUT - Les forces syriennes ont intensifié dimanche le bombardement des quartiers sous contrôle de l'insurrection à Homs (centre), dont Khaldiyeh et Jouret el-Shayyah. Face à une crise humanitaire qui s'aggrave dans la ville, l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH) a demandé une intervention de l'ONU afin d'évacuer plus de 1.000 familles prises au piège dans les zones pilonnées, où les conditions sanitaires se dégradent.

Selon l'OSDH, plusieurs dizaines de personnes blessées ne peuvent pas avoir de médicaments ni de médecins pour venir les soigner. "La situation humanitaire à Homs est très difficile", a affirmé Rami Abdul-Rahman, directeur de cet observatoire basé à Londres. "Il est très clair que l'armée veut reprendre Homs".

Cette ville est assiégée depuis une semaine et l'escalade des violences dans le pays a contraint les observateurs de l'ONU à suspendre leurs activités et leurs patrouilles. Le chef de la mission onusienne, le général norvégien Robert Mood, a expliqué samedi que l'intensification des violences ces dix derniers jours faisait courir "des risques importants" aux 300 observateurs déployés en Syrie et les empêchait de remplir leur mandat.

En Turquie, Abdel Basset Sayda, le nouveau chef du Conseil national syrien (CNS), a affirmé dimanche que la suspension des activités des observateurs montrait que "la communauté internationale a abandonné tout espoir dans ce régime qui vit ses derniers jours". Il a assuré que le gouvernement de Bachar el-Assad avait perdu le contrôle de vastes régions du pays et qu'il commettait désormais "davantage de crimes par vengeance".

"La communauté internationale doit assumer ses (...) responsabilités en prenant des décisions fermes via le Conseil de sécurité, dans le cadre du chapitre VII, en vue de protéger les civils", a-t-il déclaré. Une résolution prise dans le cadre du chapitre VII de la Charte des Nations unies prévoit la possibilité d'imposer par la force des mesures en cas de "menace contre la paix, d'une rupture de la paix ou d'un acte d'agression". Tel avait été ainsi le cas pour la Libye en 2011.

Selon l'OSDH et les Comités locaux de coordination (CLC), un autre mouvement d'opposition, les bombardements sur Homs ont fait au moins un mort dimanche. Ils ont aussi fait état de violents affrontements entre militaires et rebelles à Mleiha, une banlieue de Damas. D'après les CLC, ces combats ont fait huit morts, quatre dans chaque camp.

Des rebelles ont aussi attaqué un poste de l'armée dans la province de Hama (centre), tuant au moins trois soldats, selon l'OSDH. Les deux groupes d'opposants ont aussi fait état de violences dans les provinces d'Idlib et d'Alep (nord), ainsi que dans la région de Deir el-Zour (est) et la province de Deraa (sud).

Les CLC ont affirmé qu'au moins 20 personnes avaient été tuées dimanche dans le pays, l'OSDH avançant de son côté le nombre de 14 morts.

L'agence de presse officielle SANA a affirmé pour sa part que des soldats avaient affronté samedi soir des combattants infiltrés depuis le Liban, tuant six d'entre eux et en blessant quatre autres. Le régime alaouite assure que les insurgés ont reçu des armes de contrebande depuis pays voisins. AP

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