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La ville rebelle de Homs de nouveau pilonnée, 37 morts à travers la Syrie (ONG)

17/06/2012 12:54 EDT | Actualisé 17/08/2012 05:12 EDT

L'armée syrienne a repris son pilonnage violent du bastion rebelle de Homs, ont annoncé des militants en disant manquer de nourriture et d'eau et craindre "un massacre" en cas d'assaut alors que les violences ont encore fait au moins 37 morts à travers le pays dimanche.

"Les forces gouvernementales poursuivent depuis quatre à cinq jours le pilonnage de Homs, dans une tentative de prendre le contrôle de plusieurs quartiers", a précisé l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), se basant sur des témoignages de militants sur place.

"Le pilonnage n'a pas cessé et le siège de la ville nous étouffe. Nous manquons de nourriture, d'eau et de médicaments", a affirmé Abou Bilal, un militant qui craint que les troupes ne commettent "un massacre" si elles pénètrent dans les quartiers encerclés.

Deux civils et un rebelle ont été tués dans des combats ou des tirs dans la ville de Homs, selon l'OSDH qui fait état d'autre part de six civils tués à Talbissé et Rastane, deux villes pilonnées par les forces gouvernementales mais qui échappent depuis des mois à leur contrôle.

"Nous n'avons plus de lait pour les enfants, ni d'eau, ni d'électricité", s'est plaint une habitante, mère de deux enfants, dans une vidéo mise en ligne par des militants montrant des images du quartier de Jouret al-Chiyah à Homs ravagé par les destructions, des rues vides et des bâtiments incendiés.

"Nous ne demandons ni argent ni armes, nous voulons juste sortir nos enfants d'ici", dit-elle.

La plupart des habitants de Rastane ont fui vers les villages voisins, a affirmé le militant Nidal al-Hakem joint via Skype par l'AFP. Selon lui, la plupart des blessés sont dans un "état critique" et il y a une pénurie de médicaments.

"Nous ne pouvons pas enterrer nos martyrs dans le cimetière (...) il est pris pour cible par les forces" du président Bachar al-Assad", a-t-il ajouté.

Samedi, le Conseil national syrien (CNS), principale coalition de l'opposition, a averti qu'un nouveau massacre se profilait à Homs, affirmant que 30.000 soldats et membres de milices pro-gouvernementales assiégeaient la ville.

La veille, l'OSDH avait exhorté l'ONU à "intervenir immédiatement pour faire arrêter les bombardements incessants sur les quartiers de Homs afin d'évacuer plus de 1.000 familles encerclées, comprenant des enfants et des femmes".

Dans la province d'Alep (nord), trois civils ont péri dans les bombardements des localités d'Abine et d'Andane, que les forces gouvernementales tentent de contrôler, selon l'OSDH.

Dans la province de Damas, un civil a été tué dans la capitale et deux autres ont péri sous les tirs dans la localité de Douma, cible de bombardements et théâtre de combats entre soldats et rebelles, et deux autres ont été tués à Misraba et à Kafarbatna.

Non loin de la capitale, un jeune de 17 ans "a été jeté d'un balcon du 5ème étage d'un immeuble par les forces de sécurité qui perquisitionnaient chez lui" à Daraya, selon des militants.

Dans le reste du pays, un civil a été tué par un tireur embusqué près du village de Tamaané, dans la province d'Idleb (nord-ouest), et à Deir Ezzor (est), quatre civils ont été tués par les forces gouvernementales qui ont ouvert le feu sur un cortège funèbre tandis qu'un commandant rebelle a péri dans des combats.

En outre, 13 soldats ont été tués, en particulier dans des combats dans la vallée du Ghab, dans la province de Hama (centre), selon l'OSDH.

Les observateurs de l'ONU ont suspendu leurs opérations en Syrie raison de "l'intensification des violences", qui ont encore fait 69 morts samedi, d'après l'OSDH.

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