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Euro-2012 - Grèce: le retour des moutons noirs de l'Europe

17/06/2012 08:33 EDT | Actualisé 17/08/2012 05:12 EDT

Montrée du doigt en zone euro économique et monétaire, la Grèce l'est aussi dans l'Europe du football, pour son style défensif, peu spectaculaire, qui donne pourtant des résultats, avec une qualification pour les quarts de finale de l'Euro-2012 qui rappelle l'épopée de 2004.

. Peu de buts, beaucoup de cartons

Et revoilà donc le football grec, avec son attaque peu spectaculaire: 3 buts marqués en 3 matches, pour, dans l'ordre un nul (1-1 contre la Pologne), une défaite (contre la République Tchèque 2-1) et une victoire surprise contre la Russie (1-0).

Pour éléments de comparaison, les autres équipes en tête de leurs groupes respectifs à l'Euro avaient fait au moins aussi bien en terme de buts marqués en seulement deux matches.

Et dans le classement des joueurs avertis après samedi soir, il y avait trois Grecs dans les cinq premiers joueurs. Un carton fait cependant polémique, celui adressé samedi à Giorgos Karagounis, auteur du but contre les Russes. Avertissement qui le privera des quarts. Le capitaine grec réclamait un penalty après une faute sur lui et a pris un carton jaune, le 2e du tournoi, donc suspensif. "L'UEFA doit regarder la vidéo", a-t-il lancé, dégoûté. Pour sa défense, Karagounis figure parmi les joueurs sur qui ont été commises le plus de fautes (16 sur lui en 247 minutes de jeu).

. Pas de leçons à recevoir, ni des journaux anglais ni de... Merkel

La presse anglaise avait moqué la défense à tout crin des Grecs. Le "Mirror" titrait après la défaite contre les Tchèques, "Pitta-ful", un jeu de mots sur un des classiques de la nourriture grecque, la pita, et sur "pitiful", "pitoyable" en anglais, à propos de ce que coûte aux Grecs le fait de toujours défendre. Le "Mirror" avait aussi écrit: "n'espérez pas que le miracle (de 2004, quand ils avaient été champions d'Europe) se reproduise, ils vont rentrer à la maison avec 2 points". Ils sont qualifiés avec 4 unités. Interrogé sur le ton condescendant anglais, Karagounis a répondu sèchement: "Nous n'avions rien à prouver".

La politique s'est aussi invitée dans les débats. Interrogé sur la chancelière allemande Angela Merkel, qui a une nouvelle fois appelé les Grecs à voter pour la discipline budgétaire, le sélectionneur des Hellènes, le Portugais Fernando Santos, a rétorqué que la Grèce était le berceau de la "science, de la démocratie" et n'avait "pas de leçon" à recevoir.

. Le souvenir de 2004, parenthèse dans la crise

Evidemment, la présence inattendue des Grecs en quarts de finale, alors que les Tchèques (qualifiés) et les Russes (éliminés) étaient donnés favoris du groupe A, rappelle l'épopée de 2004. "Je compare cette victoire à notre parcours au Portugal en 2004", a d'ailleurs savouré Karagounis après avoir éliminé les Russes. Il y a huit ans, la Grèce avait battu deux fois le Portugal, pays hôte de l'Euro d'alors, gâchant la cérémonie d'ouverture de la Selecçao (2-1) puis la finale des Luis Figo et Cristiano Ronaldo (1-0).

La tactique utilisée par le sélectionneur des Grecs de l'époque, l'Allemand Otto Rehhagel, était d'ailleurs peu ou prou la même qu'aujourd'hui: une défense solide et l'exploitation des moindres erreurs adverses, sur contres ou coups de pied arrêtés. Cette année, la sélection grecque est investie d'une mission: mettre la crise économique entre parenthèses. "Quand nous avons quitté Athènes pour venir à l'Euro, nous avons dit aux gens en Grèce, dans une situation difficile, que nous allions tout donner" a rappelé Karagounis, fier d'avoir mis samedi "un sourire sur les visages" de ses compatriotes.

pgr/ep/grd

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