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Egypte: les Frères musulmans refusent que l'armée reprenne le pouvoir législatif

17/06/2012 04:03 EDT | Actualisé 17/08/2012 05:12 EDT

Le président de l'Assemblée égyptienne, Saad al-Katatni, issu des Frères musulmans, a refusé dimanche l'idée que l'armée puisse reprendre le pouvoir législatif, après la décision du pouvoir militaire de dissoudre la chambre des députés.

"Nous avons informé le Conseil suprême des forces armées (CSFA) de notre rejet catégorique de la Déclaration constitutionnelle complémentaire (préparée par l'armée et prévoyant ce transfert, NDLR) car cela porte atteinte au droit de la Chambre élue à légiférer", a dit M. Katatni dans un communiqué.

M. Katatni a aussi affirmé avoir déclaré aux membres de l'armée qu'il a rencontré dimanche que la commission chargée de rédiger la nouvelle Constitution, élue la semaine dernière par les deux chambres du Parlement, était "une entité indépendante" et qu'elle allait "se réunir dans les prochaines heures conformément à la loi".

Le texte de la Déclaration constitutionnelle complémentaire devrait aussi invalider cette commission, accusée notamment par les libéraux et les laïcs de faire la part belle aux islamistes.

Le CSFA, qui dirige le pays depuis le départ du président Hosni Moubarak en février 2011, a annoncé samedi la dissolution de l'Assemblée, après une décision de justice déclarant illégale la loi ayant régi l'élection des députés.

Dans son communiqué, M. Katatni a répliqué que la décision du CSFA était "nulle" et n'était fondée sur "aucune base constitutionnelle".

Des sources militaires ont indiqué dimanche que le pouvoir législatif et les finances publiques en Egypte devraient rester du ressort des militaires après l'élection d'un nouveau président, en l'absence d'une Assemblée élue.

Dans une Déclaration constitutionnelle complémentaire attendue sous peu, le CSFA devrait s'attribuer de facto "le pouvoir législatif et le contrôle des budgets de l'Etat" tant que de nouveaux députés n'auraient pas été élus.

Ces prérogatives législatives, assumées par le CSFA depuis février 2011, avaient été transférées un an plus tard au Parlement issu des législatives qui avaient vu un raz-de-marée islamiste.

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