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Une foule de pèlerins chiites à Bagdad malgré les attentats d'Al-Qaïda

16/06/2012 04:42 EDT | Actualisé 15/08/2012 05:12 EDT

Des dizaines de milliers de pèlerins chiites étaient rassemblés samedi à Bagdad pour célébrer la mémoire de l'un de leurs imams mort empoisonné il y a plus de 1.200 ans, malgré les attentats sanglants revendiqués par Al-Qaïda.

La cérémonie a commencé vers 08H00 (05H00 GMT) sur le parvis du mausolée de l'imam Moussa al-Kazem, le 7e des 12 imams vénérés par les chiites, mort en 799 sous le règne du calife Haroun al-Rachid, et dont les hauts faits étaient narrés par des responsables religieux à l'aide de haut-parleurs.

Les fidèles portaient un cercueil symbolique en récitant des chants religieux alors que certains se frappaient la poitrine en signe de tristesse.

"Plus de personnes ont participé cette année" aux célébrations, assure Karim Mohammed, 52 ans. "Quand nous avons vu ces explosions, c'est devenu pour nous un défi et nous avons décidé de venir".

Il a marché pendant trois jours depuis la région de Samarra, à 110 km au nord de Bagdad, et a recouvert de boue son visage et sa dichdacha (robe masculine) noire, en signe de deuil.

Les mesures de sécurité étaient extrêmes à Kazimiya, quartier du nord de Bagdad, où les forces anti-terroristes fouillaient les pèlerins en différents points alors que des hélicoptères survolaient le secteur.

Mercredi, 72 personnes ont été tuées et plus de 250 blessées par des attentats revendiqués par l'Etat islamique d'Irak, paravent d'Al-Qaïda. L'un des attentats a visé le quartier de Kazimiya, où se trouve le mausolée de l'imam chiite.

Des militants extrémistes sunnites, qui considèrent les chiites comme des hérétiques, ont par le passé multiplié les attentats contre eux pendant les fêtes religieuses, traditionnellement marquées par d'importants rassemblements.

L'imam Moussa al-Kazem a été, selon les chiites, emprisonné à Bagdad et empoisonné dans sa prison par le calife abbasside Haroun al-Rachid.

Les violences en Irak ont diminué par rapport aux terribles années 2006 et 2007 mais n'ont pas pour autant cessé, en particulier à Bagdad. En mai, 132 personnes ont péri dans des attaques, selon les chiffres officiels.

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