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16/06/2012 10:49 EDT | Actualisé 16/08/2012 05:12 EDT

Madrid ignorera pour l'instant des suggestions économiques du FMI

MADRID - L'Espagne ne mettra pas immédiatement en place les dernières recommandations du Fonds monétaire international (FMI), qui comprennent une réduction supplémentaire des salaires des travailleurs, puisque ces conseils ne sont pas contraignants, a déclaré samedi le premier ministre.

Le FMI est l'une des trois organisations vers lesquelles le gouvernement de Mariano Rajoy s'est tourné pour une évaluation de l'état du secteur bancaire espagnol en prévision d'un prêt de 100 milliards d'euros pour les prêteurs en manque de liquidités. Le plus récent document du FMI, publié vendredi, ne faisait pas partie d'un rapport sur le secteur bancaire, mais plutôt l'une des analyses économiques régulières concernant l'état de l'économie espagnole. Le document critique la façon dont l'Espagne a raté son objectif de réduction du déficit en 2011, tout en insistant sur le fait que «le déficit était en bonne voie de réduction presque jusqu'à la fin de l'année».

Le déficit espagnol de 2011 a dû être révisé à la hausse à deux reprises pour terminer à 8,9 pour cent du PIB, au lieu du 3 pour cent maximum autorisé par l'Union européenne.

Le premier ministre Rajoy avait plutôt prévu de réduire le déficit à 5,3 pour cent du PIB en 2012. Le rapport du FMI décrit cet objectif comme «très ambitieux» et indique qu'il «ne serait sans doute pas atteint».

Selon M. Rajoy, les propositions du FMI contenues dans le rapport de vendredi, n'étaient que des suggestions et il ne les mettra pas en pratique pour l'instant.

Le FMI a également proposé que le gouvernement Rajoy augmente la taxe sur la valeur ajoutée, un genre de taxe de vente, et élimine une déduction sur les paiements d'hypothèque pour les nouveaux propriétaires récemment remise en place. Le gouvernement socialiste précédent avait augmenté la taxe à 18 pour cent, en plus de réduire les salaires de la fonction publique de 5 pour cent en 2010.

M. Rajoy a depuis gelé les salaires, mais résisté à les diminuer une fois de plus et à augmenter la taxe de vente alors que l'économie est entrée dans une récession à double creux.

Selon le premier ministre, la principale priorité politique de l'Europe est de renforcer l'image de la devise unique.

«L'Europe doit transmettre un message au monde, pour établir clairement que l'euro est un projet irréversible», a-t-il dit.

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