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16/06/2012 03:57 EDT | Actualisé 16/08/2012 05:12 EDT

L'Université Carleton devra fournir des explications sur un don de 15 M$

OTTAWA - L'Université Carleton, située à Ottawa, a jusqu'à mardi pour fournir une explication au sujet de son refus de divulguer des renseignements importants concernant un don de 15 millions $ qui lui a permis de créer une école appuyée par le fondateur du Parti réformiste, Preston Manning.

La commissaire à l'information et à la protection de la vie privée de l'Ontario a rejeté la plus récente requête de l'établissement, qui réclamait un délai de neuf semaines dans le cadre de cette bataille amorcée il y a un an à la suite d'une demande présentée par La Presse Canadienne en vertu de la Loi sur l'accès à l'information de la province.

Le programme en administration publique Clayton H. Riddell a été lancé en grande pompe au moins d'octobre 2010 en présence de M. Manning et de représentants du Manning Centre for Building Democracy, un organisme sans but lucratif visant à promouvoir les valeurs conservatrices en politique.

Selon Preston Manning et l'université, le programme a été mis sur pied grâce à un don de 15 millions $ fait par Clayton Riddell, un homme d'affaires de Calgary.

Lorsque La Presse Canadienne a demandé une copie de l'entente avec le donateur à l'été 2011, l'Université Carleton a refusé en soutenant qu'il s'agissait d'une atteinte à la vie privée et que cela pourrait nuire à ses futures campagnes de financement.

À la suite de la médiation du bureau de la commissaire à l'information ontarienne, l'établissement a accepté de remettre une version lourdement censurée de l'accord en mars dans laquelle toutes les conditions le liant à M. Riddell avaient été occultées.

Le document était accompagné d'une annexe louant les mérites du programme et contenant les témoignages de plusieurs conservateurs. Là aussi, plusieurs pages avaient été rayées.

La question du financement privé au sein des universités publiques est devenue un sujet délicat dans le débat sur la liberté académique, le contrôle exercé par les entreprises et la manipulation des politiques publiques.

En mars, plus de 200 professeurs de l'Université York à Toronto ont signé une lettre demandant à l'établissement de suspendre une entente avec une organisation fondée par l'ancien chef de la direction de Research in Motion, Jim Balsillie, le temps de négocier des dispositions garantissant l'indépendance académique.

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