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Législatives grecques: les forces en présence

16/06/2012 10:52 EDT | Actualisé 16/08/2012 05:12 EDT

ATHENS, Greece - Le point sur les forces en présence à l'occasion des élections législatives de dimanche en Grèce:

- Antonis Samaras, Nouvelle démocratie (ND, droite):

cet économiste, dont le parti a remporté un succès sans lendemain le 6 mai, résume le scrutin de dimanche par un choix entre rester dans l'euro ou revenir à la drachme. Les sondages prédisent un coude à coude entre la ND et la Coalition de la gauche radicale (Syriza). Son parti avait remporté près de 19% lors des législatives du 6 mai, mais n'a pas été en mesure de former une coalition. Agé de 61 ans, M. Samaras assure que le pays respectera ses engagements envers ses bailleurs, mais aimerait que le plan de rigueur soit étalé jusqu'en 2016, pas 2014.

Il promet de réduire les taux d'imposition et de revaloriser les petites retraites, ainsi que les revenus des familles nombreuses, des agriculteurs ou encore des policiers. L'homme promet aussi de lutter fermement contre l'immigration clandestine et revenir sur les lois accordant la citoyenneté aux immigrés de seconde génération. Etoile montante de la ND à la fin des années 1980, Antonis Samaras a été brièvement ministre des Finances et des Affaires étrangères, avant de connaître une traversée du désert. Il a repris les rênes de la Nouvelle démocratie après la débâcle du parti lors des élections de 2009.

- Alexis Tsipras, Coalition de la gauche radicale (Syriza, extrême gauche):

à 37 ans, cet ingénieur et ex-leader estudiantin est le plus jeune chef de parti du pays. Il a fait irruption sur la scène politique cette année en surfant sur la vague du mécontentement populaire anti-austérité. La coalition qu'il dirige a réalisé un score surprenant de 16,8% le mois dernier. L'homme en a alarmé plus d'un en Europe avec son discours promettant de remettre en cause le plan de sauvetage de la Grèce, en voulant nationaliser les banques, annuler le plan de licenciement de 150.000 fonctionnaires et revaloriser nettement pensions et salaires.

M. Tsipras est partisan du maintien de son pays dans l'Union européenne et la zone euro, même si le pays revient sur la cure d'austérité promise. Syriza est une coalition de 12 partis dont certains imaginent parfois un retour à la drachme. Populaire aujourd'hui, la coalition avait toutefois été critiquée en 2008 pour avoir soutenu les émeutiers protestant contre la mort d'un adolescent, tué par la police à Athènes.

- Evangelos Venizelos, Parti socialiste (PASOK):

ce professeur de droit constitutionnel âgé de 55 ans a été ministre des Finances pendant neuf mois, au cours desquels il a négocié avec succès le second plan d'aide à la Grèce en février dernier. Mais le PASOK a payé très cher la cure d'austérité infligée au peuple grec mais sans être accompagnée de réformes structurelles fortes. Après avoir remporté une large victoire en 2009, il n'a été crédité que de 13,2% en mai dernier. Promettant de protéger les Grecs d'une chute drastique de leurs revenus, M. Venizelos entend aussi respecter les engagements liés aux plans d'aide. Comme M. Samaras, il souhaite aussi que le plan de rigueur soit plus étalé, parlant de 2017. Il est également partisan de réformer le système fiscal.

- Panos Kammenos, Grecs indépendants (ANEL, droite nationaliste):

cet économiste de 47 ans a cofondé ce parti après avoir été exclu de la ND. Lors de discours très nationalistes saupoudrés d'attaques contre "les loges maçonniques" qui veulent "détruire" la Grèce, le dirigeant l'ANEL se dit pourtant pro-UE, tout en rejetant la cure d'austérité promise. La formation qui avait fait 10,6% en mai propose -de façon plus anecdotique- de recréer l'ancienne Olympie en rétablissant les Jeux antiques avec par exemple pancrace en tenue d'Adam et courses de char, mais pour Grecs uniquement...

- Aleka Papariga, Parti communiste (KKE):

le parti dirigé par cette femme de 67 ans refuse toute alliance électorale, veut quitter l'UE et annuler unilatéralement sa dette. Formé en 1918, le KKE est le plus vieux parti du pays et il est, depuis, 1991, le premier en Grèce à être dirigé par une femme. Il avait réalisé un score de 8,5% en mai dernier.

- Nikos Michaloliakos, Aube dorée (XA, extrême droite):

cette formation qui récuse l'appellation de néo-nazie, préférant parler de nationaliste, a peu de chances d'être courtisée en vue de participer à un gouvernement de coalition: son chant "Sang et Honneur" revoit directement à la devise "Blut und Ehre" des Jeunesses hitlériennes, son drapeau comprend une "grecque" (ornement) proche de la svastika et plusieurs de ses cadres louent Adolf Hitler... Jouant à fond la carte anti-immigrés, le parti de M. Michaloliakos, 55 ans, a fait irruption sur la scène politique à la faveur des législatives de mai, décrochant 7% des voix et 21 des 300 sièges au Parlement. Opposé à toute cure d'austérité, Aube dorée entend "libérer et intégrer dans la mère patrie" des territoires tels que l'Epire du Nord (sud de l'Albanie), la Macédoine ou encore Chypre. Le parti entend aussi restreindre les droits de vote et de propriété foncière aux seuls Grecs de souche, donc nés en Grèce ou issus d'au moins deux générations d'immigrés.

- Fotis Kouvelis, Gauche démocratique (DIMAR, centre-gauche):

ce parti pro-européen qui avait quitté Syriza en 2010 peut être considéré comme un faiseur de rois. Alors qu'il avait recueilli 6,1% des voix en mai dernier, M. Kouvelis avait indiqué qu'il ne participerait pas à une coalition sans Syriza, même après s'être vu offert le poste de Premier ministre. Il a cependant confié depuis qu'il ferait tout pour aider à bâtir un tel gouvernement. Cet avocat de formation avait été ministre de la Justice pendant trois mois en 1989. La plateforme de DIMAR est clairement pro-UE/Eurozone. AP

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