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Ahmad Chafiq, pur produit du système politico-militaire égyptien

16/06/2012 03:53 EDT | Actualisé 15/08/2012 05:12 EDT

Dernier Premier ministre de Hosni Moubarak, le candidat présidentiel Ahmad Chafiq est un pur produit du système militaire égyptien qui se targue d'une longue expérience politique et se veut un rempart contre le "danger islamiste".

Abhorré par les mouvements "révolutionnaires" pour qui il symbolise le retour en force du régime déchu de M. Moubarak, l'ancien chef d'état-major de l'armée de l'air et ex-ministre de l'Aviation civile, toujours tiré à quatre épingles, a axé sa campagne sur la sécurité et la lutte contre le crime.

Récemment, il a lancé une attaque en règle contre les Frères musulmans dont il affronte le candidat Mohammed Morsi au second tour, accusant la confrérie d'avoir organisé les violences lors du soulèvement contre le régime début 2011 et d'être à l'origine de l'attaque contre son QG de campagne fin mai au Caire.

Un islamiste au pouvoir ramènerait le pays "vers le Moyen-Age" et "l'obscurantisme", a-t-il lancé après le premier tour, où il a obtenu 23,6% des voix, contre 24,7% à M. Morsi.

Dans un entretien à l'AFP, il a mis en garde contre une victoire islamiste à la présidentielle, qui provoquerait selon lui d'"énormes problèmes".

M. Chafiq avait pourtant déclaré être prêt à nommer un vice-président islamiste, Frère musulman ou salafiste, s'il était élu.

Il a dans le même temps tenté de faire patte de velours vis-à-vis des libéraux et des mouvements de jeunes pro-démocratie qui le qualifient de "fouloul", un terme péjoratif désignant les "reliques" de l'époque Moubarak.

M. Chafiq, pour qui de nombreux chrétiens ont dit vouloir voter par peur des islamistes, a promis qu'il ne "reviendrait pas en arrière" et salué la "révolution" qui lui avait pourtant coûté son poste de chef du gouvernement près de trois semaines après la chute de M. Moubarak.

Il s'est aussi engagé à rétablir la sécurité et un climat économique favorable, des promesses auxquelles une large partie de la population est sensible après seize mois d'une transition mouvementée.

M. Chafiq, 70 ans, vante sa "longue expérience" et assure accepter la critique, mais il a pu se montrer autoritaire dans certaines interviews télévisées.

Ce général à la retraite a failli être disqualifié après l'adoption d'une loi interdisant aux plus hauts responsables de l'ère Moubarak de se présenter à la présidentielle, avant d'être rétabli in extremis dans la course. Cette loi a finalement été invalidée par la Haute cour constitutionnelle.

Ancien pilote, comme M. Moubarak, M. Chafiq est diplômé de l'Académie de l'aviation militaire. Son équipe de campagne a mis en avant qu'il avait abattu deux avions israéliens lors de l'une des guerres contre Israël.

Il se prévaut d'avoir modernisé la compagnie nationale Egyptair et l'aéroport international du Caire pendant ses années passées à la tête du ministère de l'Aviation civile.

Dans un pays où tous les présidents sont venus de l'armée depuis la chute de la monarchie en 1952, il se dit "fier et honoré" d'être "un fils des forces armées", et estime que son passé militaire, en permettant une relation "fluide" avec l'armée, sera un atout.

Père de trois filles, M. Chafiq est devenu veuf en avril et selon les analystes, ce drame personnel lui a valu de la sympathie, en particulier auprès des électrices.

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