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Tunisie: un imam interdit de prêcher après des appels au meurtre

15/06/2012 03:18 EDT | Actualisé 15/08/2012 05:12 EDT

Le ministère tunisien des Affaires religieuses a annoncé vendredi l'interdiction de prêcher pour un imam de la mosquée Zitouna, la plus ancienne et la plus vaste de Tunis, qui a appelé au meurtre des artistes "blasphémateurs" lors de la grande prière.

Houcine Laâbidi "a appelé au meurtre, c'est irresponsable. Il ne prêchera plus jamais à la mosquée Zitouna", a déclaré à l'AFP Ali Lafi, conseiller politique du ministre des Affaires religieuses, précisant que c'était la première fois que les autorités prenaient une telle mesure depuis la révolution.

"Il est sorti de son rôle et a dit beaucoup de choses contradictoires avec le sentiment des Tunisiens. La loi doit être appliquée", a ajouté M. Lafi.

Selon le site internet tunisien Business news, l'imam Laâbidi a affirmé que les artistes "mécréants" devraient "être tués, et leur sang versé".

Une exposition dont des oeuvres ont été jugées insultantes pour l'islam par des salafistes a été le détonateur des émeutes lundi et mardi, et les artistes sont menacés de mort sur les sites extrémistes.

L'interdiction visant l'imam intervient alors que le gouvernement a clairement durci le ton vis à vis des extrémistes depuis la flambée de violence du début de semaine, et interdit toutes les manifestations qui étaient prévues ce jour après la grande prière pour défendre les valeurs du sacré.

Des appels au calme et à l'unité ont été lancés par les imams vendredi dans plusieurs mosquées de la capitale, où un important dispositif policier avait été déployé.

Selon M. Lafi, quelques 120 mosquées sur 5.000 lieux de culte dans le pays échappent au contrôle du ministère des Affaires religieuses. Fin mars, le ministère estimait à 400 le nombre de mosquées tombées sous la coupe de radicaux.

C'est le cas notamment de la mosquée Gazelle à l'Ariana (ouest de Tunis), devenue un bastion salafiste il y a quelques mois.

Selon un photographe de l'AFP, le ministre des Affaires religieuses Nourredine Al-Khademi, venu la semaine dernière pour tenter de discuter avec les salafistes, s'est vu opposer une fin de non-recevoir. Il a été insulté et ses chaussures ont même été volées.

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