NOUVELLES

Syrie: le travail des observateurs de l'ONU entravé par les violences (chef de mission)

15/06/2012 08:22 EDT | Actualisé 15/08/2012 05:12 EDT

Le chef des observateurs de l'ONU en Syrie, le général Robert Mood, a affirmé vendredi que le travail de sa mission chargée de surveiller le cessez-le-feu était "limité par les violences" qui ravagent le pays depuis quinze mois.

"La violence s'est accrue ces dix derniers jours (...) augmentant les risques pour nos observateurs. L'escalade de la violence limite notre capacité à observer et vérifier (la situation sur le terrain), ainsi que notre aide pour engager (les parties) au dialogue", a déclaré le général Mood à des journalistes, six semaines après le début de la mission le 29 avril.

A Haffé, une ville du nord-ouest de la Syrie bombardée entre le 5 et le 12 juin par les troupes du régime, "nous n'étions pas sur le terrain" au moment des faits, a-t-il regretté.

S'inquiétant de la violence des bombardements visant à déloger les rebelles de cette ville, et d'éventuels massacres pouvant être commis contre les civils, des militants avaient exhorté les observateurs à se rendre à Haffé.

Ceux-ci avaient fait une première tentative mardi mais en avaient été empêchés par des habitants d'un village voisin soutenant le régime, puis ils avaient essuyé des tirs et avaient dû rebrousser chemin.

Ce n'est que jeudi, au lendemain de la reprise de la ville par les forces du régime qu'ils ont pu y accéder. Ils avaient alors noté "une forte odeur de mort" dans l'air, selon un communiqué de l'ONU.

Le général Mood a déploré par ailleurs le faible nombre d'observateurs. Selon lui, une fois les 300 observateurs déployés (ils sont actuellement près de 300), ils ne seront même pas en mesure de couvrir le secteur de Damas, a-t-il expliqué.

Souvent, "nous ne sommes pas sur place quand les combats commencent" entre l'armée et les rebelles, a-t-il ajouté, parlant d'un "sentiment de frustration".

Le plan de sortie de crise proposé par le médiateur international Kofi Annan "n'a pas été appliqué et il n'en existe pas d'autres", a-t-il lancé.

"Il semble qu'il y ait un manque de volonté pour parvenir à une transition pacifique et qu'au contraire il y a une poussée vers" des solutions militaires, a-t-il regretté.

Selon le chef des observateurs, "la mission n'est pas immuable" et le Conseil de sécurité de l'ONU va revoir son mandat "dans les jours et semaines qui viennent".

Le général Mood a en outre jugé "important" que les parties en Syrie "donnent une chance" à cette mission et que la communauté internationale lui "donne un rôle qui serve mieux les aspirations du peuple syrien".

Il a refusé de qualifier de "guerre confessionnelle" les violences en Syrie qui ont fait plus de 14.400 morts depuis le début de la révolte populaire, selon une ONG syrienne. "Je ne suis pas qualifié pour le dire. La situation en Syrie est compliquée".

Interrogé sur l'éventuelle présence de membres d'Al-Qaïda ou de combattants iraniens sur le sol syrien, il a indiqué qu'il ne pouvait vérifier une telle information.

rm/vl

PLUS:afp