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Syrie: le chef des observateurs de l'ONU s'inquiète pour l'avenir de la mission

15/06/2012 04:43 EDT | Actualisé 15/08/2012 05:12 EDT

BEYROUTH - Le chef des observateurs de l'ONU en Syrie a affirmé vendredi que la récente flambée de violence menaçait de faire dérailler la mission, soulevant des questions sur la capacité d'une force non armée à mettre fin à un conflit qui ressemble de plus en plus à une guerre civile.

Sur le terrain, les forces du régime ont poursuivi vendredi leur offensive contre différentes zones rebelles à travers le pays. Il s'agit de l'une des plus graves escalades de violence depuis le cessez-le-feu négocié par Kofi Annan, l'émissaire de l'ONU et de la Ligue arabe en Syrie.

Dans le nord du pays, des soldats appuyés par des hélicoptères et des chars étaient engagés dans de «violents combats» dans la ville rebelle d'Anadan et dans d'autres localités situées près d'Alep, selon un militant de l'opposition présent dans la région. Des militants ont également affirmé que les troupes gouvernementales avaient poursuivi vendredi le pilonnage de Homs, une ville du centre du pays ciblée par une offensive depuis plusieurs jours.

Ces nouvelles violences n'ont pas empêché des milliers de Syriens de participer à des manifestations contre le président Bachar el-Assad dans plusieurs villes vendredi.

Au moins 28 personnes ont été tuées à travers le pays quand les forces de sécurité ont ouvert le feu sur les manifestants, selon des militants. Ce bilan n'a pas pu être vérifié de source indépendante.

Huit manifestants ont notamment été tués à Busra al-Sham, dans le sud du pays, après des tirs d'artillerie lourde près d'une mosquée, selon des témoins et des vidéos amateur tournées sur place. L'agence de presse officielle syrienne a attribué l'attaque à des «terroristes» qui auraient posé des bombes près de la mosquée.

«Au cours des dix derniers jours, les violences se sont intensifiées volontairement par les deux parties, avec des pertes des deux côtés et des risques significatifs pour nos observateurs», a déclaré vendredi le chef des observateurs, le major-général Robert Mood, devant les journalistes à Damas, la capitale syrienne.

Certains pays qui fournissent des observateurs s'inquiètent du fait que le niveau de risque en Syrie soit rendu près du seuil inacceptable, a ajouté le chef de la mission, laissant entendre que les violences pourraient pousser les quelque 300 observateurs à quitter la Syrie à un certain moment. Il n'a pas donné plus de détails.

Les commentaires du major-général Mood sont le signe le plus clair jusqu'à maintenant que le plan de Kofi Annan est un échec. Le régime et l'opposition ont largement ignoré le cessez-le-feu censé être entré en vigueur le 12 avril.

L'Observatoire syrien des droits de l'homme, une organisation de l'opposition établie à Londres, a appelé les observateurs à «faire cesser les massacres ou à partir». L'organisation estime que le rôle des observateurs est maintenant d'«être témoins des meurtre en Syrie» plutôt que de faire respecter le plan en six points de Kofi Annan.

Ce sont les critiques les plus dures envers les observateurs venant d'un groupe de l'opposition depuis leur arrivée dans le pays, en avril.

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