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Star des bassins, le Tunisien Mellouli n'imagine pas une guerre civile

15/06/2012 07:24 EDT | Actualisé 15/08/2012 05:12 EDT

Le nageur Oussama Mellouli, plus grand champion de l'histoire du sport tunisien, rentre au pays vendredi, choqué et inquiet après les violences du début de semaine qui ont provoqué l'instauration d'un couvre-feu sur le Grand Tunis, mais ne veut pas croire en une guerre civile.

Engagé depuis jeudi sur le Trophée Sette Colli à Rome, Mellouli, très fatigué, a renoncé à la suite de la compétition et a quitté l'Italie pour la Tunisie, où il ne s'est plus rendu depuis janvier.

"Il y a un an j'étais beaucoup plus optimiste par rapport à cette révolution-là. Les choses se sont développées et il est clair que la situation n'est pas facile à Tunis aujourd'hui. J'espère que ça va se calmer, pour le bien de tous", a confié à l'AFP Mellouli.

Le nageur de 28 ans, exilé aux Etats-Unis, à Los Angeles, depuis 10 ans, revient chaque fois qu'il le peut à Tunis où sa famille vit toujours. Une source d'angoisse pour le champion olympique et double champion du monde (1500 m libre) tant les nouvelles sont alarmantes ces derniers jours.

Une exposition à La Marsa (banlieue nord de Tunis) dont des oeuvres ont été jugées offensantes pour l'islam, a servi de détonateur à une flambée de violences lundi et mardi qui a fait un mort et plus de 100 blessés dans tout le pays.

En réponse à ces violences, le gouvernement tunisien a rétabli mardi un couvre-feu dans huit gouvernorats du pays, dont la capitale Tunis, où c'est une première depuis mai 2011.

Cette vague de violences sans précédent intervient un an et demi après le soulèvement qui a abouti à la chute du dictateur Ben Ali.

"Ma famille est toujours à Tunis et ça me stresse énormément. J'espère que les choses vont se calmer. Il y a beaucoup d'affrontements. C'est nouveau pour nous les Tunisiens, qui sommes un peuple pacifiste. C'est choquant", poursuit le champion aux huit médailles internationales.

Mellouli craint le chaos. "On ne veut pas que le pays parte à la dérive et qu'il y ait trop de violences et qu'on finisse par avoir une guerre civile. Je n'imagine pas une guerre civile", tente-t-il de se persuader, en pensant à ses proches.

"Ma soeur a des problèmes en allant à l'université, mon frère a des problèmes en allant à son boulot. Il y a cet état de peur installé 24 heures sur 24 à Tunis".

Mellouli ne sait pas trop ce qu'il va pouvoir faire si ce n'est de porter haut et fort les couleurs de son pays, dans six semaines aux jeux Olympiques de Londres, sur 400 m libre, 1500 m libre et 10 km en eau vive.

"Ce sera mon rôle de donner des moments de joie et de fierté au peuple tunisien", conclut-il.

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