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Robert Lepage au festival Luminato pour son spectacle, «Pique»: entrevue à Toronto (PHOTOS/VIDÉO)

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ROBERT LEPAGE
Robert Lepage au festival Luminato, à Toronto. | Martine Côté

Après Madrid, Toronto accueille «Pique», premier spectacle d'une nouvelle tétralogie d'Ex-Machina intitulée «Jeux de cartes. Rencontre avec le maître de jeu.

Las Vegas, 2003, un hôtel comme tant d'autres. Il y a les clients: un couple venu se marier, un soldat homosexuel habité par le doute, un joueur compulsif. Et il y a les employés: les femmes de chambre, valets et barman. Robert Lepage brasse le destin d'une panoplie de personnages dans un spectacle qui se déploie en anglais, en espagnol et en français.

Vous faites de plus en plus appel à des acteurs provenant des quatre coins du monde. Comment les choisissez-vous?
Je ne peux pas faire de casting comme les autres metteurs en scène parce qu'à la base... il n'y a pas de pièce ni de personnages! Je ne peux pas approcher un acteur et lui dire qu'il serait parfait dans le rôle de la mère, par exemple. C'est des gens avec qui j'ai travaillé dans le passé ou que je sais capables d'être polyvalents, capables de créer, d'improviser. Et des non-acteurs. Ça, c'est important! Dans «Pique», il y a un dramaturge allemand extraordinaire, mais qui n'était jamais monté sur une scène de sa vie. Et il y a des acteurs qui font du théâtre depuis 35 ans en Angleterre. C'est le mélange des expériences qui créé un style.

Donc vous choisissez des acteurs-créateurs et vous vous débrouillez avec leur langue maternelle ensuite?
C'est un peu ça, oui. Il y a des gens dans «Pique» qui, au début, parlaient seulement l'espagnol. Puis entre les sessions de travail, ils se sont mis à l'apprentissage du français ou de l'anglais. Deux des acteurs sont même allés deux mois à l'Université Laval pour apprendre un peu de français. Un autre est allé à Londres apprendre l'anglais parce qu'il était tanné de ne pas comprendre quand on se parlait. Donc tout le monde finit par parler deux ou trois langues. Sauf les anglophones... qui eux, bien souvent, s'en tiennent à une langue (rires).

Après «Pique», ce sera «Cœur». Que pouvez-vous nous en dire?
L'histoire va se passer à Paris. Il y aura sept acteurs, sept nouveaux acteurs. Puis pour les deux autres («Trèfle» et «Carreau»), on va prendre les six acteurs de «Pique», les sept de «Cœur», on va les «brasser» et déterminer qui va jouer dans les deux derniers spectacles. Comme il y a treize cartes dans un jeu, c'est logique qu'il y ait treize acteurs au final!

Vous avez vraiment la bosse des mathématiques?
Plutôt la numérologie. J'aime la magie et la symbolique des chiffres. Chaque fois que je commence un spectacle, j'ai un chiffre en tête. Par exemple, 12. Je pense à douze heures, douzaine, etc. C'est drôle parce que quand on a commencé à créer «Les sept branches de la Rivière-Ota», j'avais 12 en tête. Puis on a découvert que la rivière avait sept branches, puis il y avait sept acteurs. Donc on a abandonné le 12! Mais un jour, je vais en faire un spectacle qui sera «12».

Le dispositif scénique est impressionnant. Une scène circulaire sans coulisses. Les acteurs et les éléments de décor émergent du plancher par un système de trappes et de portes. Ça doit être complètement fou sous la scène pendant le spectacle?
J'avoue que ne suis pas très au fait de ça! Je m'en tiens loin. S'il fallait que j'aille en dessous de la scène et que je commence à me mêler de ça... Les techniciens ont leur monde, ils ont développé leur langage. C'est comme des hobbits! Contrairement à ce que les gens peuvent penser, je ne connais rien à la technologie. J'ai de la misère à prendre mes courriels! J'ai des idées et je demande aux gens de la technique s'il y a un programme qui permet de les réaliser. Parfois, ils me disent «non, mais on peut essayer d'en inventer un» et je leur dis «parfait, go, inventez!»

En rafale
Aux cartes, vous êtes...?
Plutôt bon! Je ne suis pas un gros joueur de cartes, mais quand je joue, je suis bon! Surtout quand on m'apprend un nouveau jeu. Appelons ça la chance du débutant!

Un coin du monde que vous aimeriez inclure dans une prochaine production?
Le Moyen-Orient. C'est là que le jeu de cartes a été inventé. L'algèbre, aussi. Et la culture arabe est malheureusement un peu «démonisée» de nos jours alors qu'on lui doit beaucoup.
Je n'y suis jamais allé. Mes spectacles, oui, mais pas moi!

«Pique» est présenté dans le cadre du Festival Luminato de Toronto jusqu'au 17 juin au Joey and Toby Tanenbaum Opera Centre.

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