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Quinze mois de révolte en Syrie, manifestations prévues malgré la répression

15/06/2012 06:54 EDT | Actualisé 15/08/2012 05:12 EDT

La révolte contre le régime de Bachar al-Assad est entrée vendredi dans son 16e mois en Syrie, où des manifestations étaient prévues à travers le pays malgré la répression meurtrière et les combats.

Quinze mois après le début de la contestation pacifique qui s'est militarisée au fil des mois face à la répression, la communauté internationale reste toujours divisée sur les moyens d'arrêter le bain de sang qui a fait plus de 14.400 morts, en majorité des civils, selon une organisation syrienne.

Le chef de la mission de l'ONU, Robert Mood, a déploré vendredi que les violences, qui ont augmenté ces dix derniers jours, empêchent les observateurs, sur place depuis avril pour surveiller une trêve largement ignorée, de mener à bien leur travail.

Comme chaque vendredi depuis le début de la contestation, les militants anti-régime ont appelé à des manifestations massives, cette fois-ci sous le slogan "Toujours prêts à la forte mobilisation", pour signifier que la révolte ne s'essouflait pas.

Ces manifestations doivent commencer après la prière hebdomadaire de midi à la sortie des mosquées, malgré le déploiement important des forces de sécurité.

Les autorités ont arrêté jeudi un "terroriste" qui planifiait vendredi un attentat suicide contre la mosquée Al-Rifai, au coeur de la capitale au moment de la prière, a rapporté l'agence Sana, prévenant que l'homme avait avoué que d'autres attaques étaient prévues dans des mosquées de la capitale.

Les autorités syriennes, qui nient l'ampleur de la révolte, attribuent les violences à des "terroristes" appuyés par l'étranger.

De son côté, l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH) a annoncé vendredi la découverte la veille de neuf corps, certains à la gorge tranchée, à Hamouria, dans la province de Damas.

Selon le Conseil national syrien (CNS), principale coalition de l'opposition, il s'agit de fermiers qui ont en plus été amputées "des mains, des jambes et des parties génitales", dans un acte "inhumain" commis par le régime.

Des militants sur le terrain ont parlé d'un "acte de vengeance organisé par le régime et ses chabbiha (miliciens)". Ils ont ajouté qu'"un nombre important de renforts militaires" étaient arrivés dans le secteur.

Dans la province d'Alep (nord), les forces du régime ont bombardé vendredi Andan, où une personne a été tuée dans des tirs et où des combats entre déserteurs et armée régulière avaient lieu à la périphérie de la ville, selon l'OSDH.

"Le régime essaie de prendre d'assaut Andan depuis hier", a indiqué l'OSDH.

Des affrontements entre rebelles et armée se sont produit également près d'un QG des renseignements militaires et d'un commissariat à Deir Ezzor (est).

A Homs (centre), des bombardements ont repris sur les quartiers de Khalidiyé et Jourat al-Chayah.

Jeudi, au moins 84 personnes -- 48 civils (dont certains combattants), 22 soldats et 14 déserteurs -- ont péri dans les violences, selon l'OSDH.

Sur le plan diplomatique, les divisions restent profondes entre l'Occident, qui soutient les rebelles et souhaite un changement de régime, et la Russie et la Chine, alliés de Damas, qui préconisent un dialogue entre pouvoir et opposition et l'application du plan de paix de l'émissaire Kofi Annan, resté pourtant lettre morte sur le terrain.

La secrétaire d'Etat américaine Hillary Clinton a cependant qualifié de "constructive" une rencontre à Kaboul entre le secrétaire d'Etat adjoint William Burns et le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov.

Mardi, elle s'était inquiétée de "l'envoi d'hélicoptères d'attaque" russes à Damas, que ce Moscou a démenti vendredi.

La Russie a également nié être engagée dans des discussions avec l'Occident sur des changements politiques qui impliqueraient le départ du président Assad.

"Les Russes ne sont pas aujourd'hui attachés à la personne de Bachar al-Assad, ils voient bien que c'est un tyran (...). Mais ils sont sensibles, si Bachar est chassé du pouvoir, à qui va prendre (sa place)", a pourtant déclaré le ministre français des Affaires étrangères Laurent Fabius.

Le ministre français a aussi évoqué la possibilité d'une conférence sur la Syrie avec les principales puissances le 30 juin à Genève, précisant qu'il s'agissait du "groupe de contact" que le médiateur international Kofi Annan souhaite constituer, une information qui n'a pas été confirmée par l'entourage de M. Annan

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