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Les États-Unis ne déporteront plus les jeunes clandestins, annonce Obama

15/06/2012 06:54 EDT | Actualisé 15/08/2012 05:12 EDT

WASHINGTON - L'administration du président américain Barack Obama a annoncé vendredi qu'elle cesserait de déporter les jeunes migrants illégaux arrivés aux États-Unis dans leur enfance et qui n'ont pas transgressé la loi.

Ce changement de politique, annoncé par la secrétaire à la Sécurité intérieure, Janet Napolitano, concerne jusqu'à 800 000 migrants qui vivaient jusque-là dans la crainte d'être déportés.

La mesure court-circuite le Congrès et permet d'atteindre partiellement les objectifs du projet de loi DREAM, un plan longuement attendu mais jamais promulgué qui visait à ouvrir la voie à la citoyenneté aux jeunes migrants arrivés aux États-Unis illégalement mais qui ont fait des études ou se sont engagés dans l'armée.

Cette mesure extraordinaire survient une semaine avant l'allocution du président Obama devant l'assemblée annuelle de l'association nationale des élus et des responsables hispaniques (National Association of Latino Elected and Appointed Officials). Le candidat républicain à la présidence, Mitt Romney, doit s'adresser aux membres de l'association jeudi.

En vertu du plan présenté vendredi, les migrants illégaux ne seront pas déportés s'ils sont arrivés aux États-Unis avant l'âge de 16 ans et s'ils sont présentement âgés de moins de 30 ans. Ils devront avoir passé cinq années continues dans le pays, ne pas avoir de dossier criminel et avoir obtenu un diplôme d'une école secondaire américaine ou avoir servi dans l'armée. Ces migrants pourront demander un permis de travail de deux ans qui pourra être renouvelé sans limitations.

La mesure ne mènera pas à l'obtention de la citoyenneté, mais fera tomber la menace de déportation et permettra aux jeunes migrants concernés de travailler légalement aux États-Unis de façon prolongée.

«Soyons clairs: ce n'est pas une amnistie, ce n'est pas une immunité, ce n'est pas une voie vers la citoyenneté et ce n'est pas une solution permanente. Mais c'est la bonne chose à faire», a déclaré le président Barack Obama lors d'un discours dans la roseraie de la Maison-Blanche.

Le président a indiqué que la mesure entrait en vigueur immédiatement afin de «lever la menace de déportation qui pèse sur ces jeunes personnes».

«Plusieurs de ces jeunes ont déjà contribué à notre pays de façon significative», avait affirmé plus tôt la secrétaire à la Sécurité intérieure, Janet Napolitano, dans un communiqué. «Le pouvoir discrétionnaire de poursuite, qui est utilisé dans plusieurs autres domaines, est particulièrement justifié dans ce cas-ci. N'oublions pas que nous sommes un pays de droits et un pays d'immigrants.»

L'annonce de la mesure survient en cette année électorale où le vote des hispaniques pourrait être déterminant dans des États-clés comme le Colorado, le Nevada et la Floride.

Les républicains n'ont pas tardé à condamner la mesure et à accuser le président Obama d'avoir court-circuité le Congrès afin de rehausser son image politique. Les élus républicains estiment qu'il s'agit d'une mesure voilée d'amnistie envers les migrants illégaux.

«Encore une fois, le président Obama et son administration ont mis la politique partisane et les migrants illégaux devant la primauté du droit et le peuple américain», a estimé Lamar Smith, représentant du Texas et président républicain de la commission judiciaire de la Chambre des représentants.

Les républicains, et notamment le candidat présidentiel Mitt Romney, veulent renforcer les mesures de sécurité à la frontière avec le Mexique avant d'envisager tout changement dans les lois sur l'immigration. Mitt Romney s'oppose à l'octroi d'un statut aux jeunes clandestins qui ont fait des études aux États-Unis, mais a déjà dit être prêt à le faire pour ceux qui ont servi dans l'armée.

Selon un sondage NBC News/Wall Street Journal publié le mois dernier, Barack Obama détient une large avance sur Mitt Romney quant aux intentions de vote des électeurs hispaniques, à 61 pour cent contre 27 pour cent.

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