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Les forces du régime syrien se livrent à des violences sexuelles (HRW)

15/06/2012 09:36 EDT | Actualisé 15/08/2012 05:12 EDT

Les forces gouvernementales syriennes ont recours à des violences sexuelles pour torturer des hommes, des femmes et des enfants détenus dans le cadre de la répression, s'alarme vendredi l'organisation Human Rights Watch (HRW).

L'ONG basée à New York indique avoir interviewé dix anciens détenus, dont des femmes, qui ont indiqué avoir subi des mauvais traitements, notamment de type sexuels, et avoir été témoins de violations similaires.

Cela comprend "le viol, la pénétration avec des objets, des attouchements sexuels, une nudité forcée ainsi que des électrochocs et des coups sur les parties génitales", a décrit l'organisation dans un communiqué.

De nombreux témoins ont indiqué avoir été emprisonnés en raison de leur militantisme politique, tandis que les raisons de la détention d'autres témoins n'étaient pas clairement établies, mais tous les détenus ont subi les mêmes abus.

"Les violences sexuelles en détention sont l'une des armes atroces qui font partie de l'arsenal de torture du gouvernement syrien et les forces de sécurité syriennes en font régulièrement usage pour humilier les détenus en toute impunité", a souligné Sarah Leah Whitson, directrice de HWR pour le Moyen-Orient.

"Ce type d'agression ne se déroule pas seulement dans les lieux de détention. Les forces gouvernementales et les membres des milices pro-gouvernementales, les chabbiha, se sont aussi livrés à des agressions sexuelles sur des femmes et des jeunes filles lors de raids et de perquisitions dans les maisons".

Selon Human Rights Watch, il est difficile d'évaluer l'ampleur du phénomène en raison de la réticence des victimes à témoigner, car elle craignent d'être stigmatisées et refusent que leurs proches soient mis au courant de ce qu'elles ont subi, par peur ou par honte.

L'accès à des soins psychologiques ou médicaux est difficile, en Syrie mais aussi dans les camps de réfugiés des pays voisins, notamment en raison des "tabous régnant sur les agressions sexuelles, la difficulté de circuler et le peur d'être victime d'un +crime d'honneur+" pour effacer la souillure.

Il n'y a pas de preuve que les troupes aient reçu des ordres d'officiers, mais de nombreuses agressions se sont déroulées "dans des circonstances telles que les officiers savaient ou auraient dû savoir que ces crimes étaient commis", indique HRW.

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