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Le suicide assisté d'adultes lucides autorisé par la justice canadienne

15/06/2012 04:47 EDT | Actualisé 15/08/2012 05:12 EDT

L'interdiction du suicide assisté par la loi canadienne a été déclarée "inconstitutionnelle" vendredi par une juge de la Cour suprême de Colombie-Britannique (ouest), autorisant une femme malade de 64 ans à y avoir recours.

La magistrate suspend cependant pendant un an la portée générale de son jugement, le temps que le Parlement puisse modifier la loi, tandis que Gloria Taylor, 64 ans, bénéficiera d'une mesure d'exemption.

Selon la juge Lynn Smith, qui a rendu une décision de 395 pages, la loi canadienne est discriminatoire. Dans son jugement, elle évoque directement la situation de Gloria Taylor, l'une des cinq plaignants, malade depuis trois ans de la sclérose latérale amyotrophique (SLA ou maladie de Charcot).

Cette maladie neurodégénérative se traduit par une paralysie progressive de tout le corps, accompagnée d'une fonte des muscles et parfois de démence. L'espérance de vie d'un malade se situe entre deux et cinq ans et se termine par une paralysie des poumons dans de grandes souffrances.

Selon la juge, puisque le suicide n'est pas illégal au Canada, la loi qui pénalise le suicide assisté contrevient à la Charte des droits et libertés, qui garantit l'égalité entre les Canadiens, selon un résumé du jugement publié par la chaîne publique CBC. Si l'on applique la loi actuelle, les personnes valides auraient plus de droits que les invalides ou les handicapés.

"L'impact de cette distinction est ressenti de façon particulièrement vive par les personnes telles que Mme Taylor, gravement malades, condamnées, invalides ou sur le point de le devenir mais qui ont toutes leurs facultés mentales et qui souhaitent garder le contrôle sur les derniers moments de leur vie", écrit la juge.

De son côté, la Coalition de prévention de l'euthanasie, organisation qui s'oppose au suicide assisté, a qualifié de "naïve" la décision de la juge, arguant que des débordements sont à prévoir.

La juge Lynn Smith précise que sa décision ne s'applique qu'à "des adultes lucides, pleinement informés, dénués de doute, libres de toute forme de pression psychologique et non diagnostiqués comme dépressifs et qui demandent personnellement (pas via un tiers) le suicide assisté par un médecin".

vs/via/gde

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