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Le pétrole ouvre en baisse à New York, entre Opep et Grèce

15/06/2012 09:52 EDT | Actualisé 15/08/2012 05:12 EDT

Les cours du pétrole ont ouvert en baisse vendredi à New York dans le sillage de la décision de l'Opep de maintenir inchangé son plafond de production en dépit d'une demande mondiale vacillante, le marché retenant par ailleurs son souffle avant les élections en Grèce.

Vers 13H20 GMT, le baril de "light sweet crude" (WTI) pour livraison en juillet cédait 4 cents par rapport à jeudi, à 83,87 dollars sur le New York Mercantile Exchange (Nymex).

Le marché réagissait à la réunion à Vienne de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep), bien qu'elle n'ait pas abouti à une décision surprenante. Le plafond de 30 millions de barils par jour (mbj) pour l'ensemble des 14 Etats membres a été conservé, bien que cette limite, fixée depuis six mois, soit peu respectée: en mai, l'offre de l'Opep se hissait à 31,86 mbj, notamment gonflée par une nette hausse de la production en Arabie saoudite, en Irak et en Libye.

Abdallah el-Badri, secrétaire général de l'organisation, a ainsi demandé aux membres du cartel de "diminuer leur offre de 1,6 mbj au total".

Les cours de l'or noir "sont maintenant dans les mains de l'Arabie Saoudite car ils (le pays) ont réitéré leur engagement de soutenir la production et de maintenir les prix sous les 100 dollars le baril", a noté Andy Lipow, de Lipow Oil Associates.

Le cartel, en particulier Ryad, a en effet résisté aux pressions du Venezuela et de l'Iran, soucieux d'abaisser la production pour relancer les prix à la hausse.

Par ailleurs, le marché était déprimé par la chute de l'indice de l'activité de l'industrie manufacturière dans la région de New York. Cet indice a chuté en juin, à 2,3 contre 17,1 le mois précédent, et est très nettement inférieur aux attentes des analystes. Il a atteint son plus bas niveau depuis novembre.

"La poursuite des mauvaises statistiques économiques aux Etats-Unis s'ajoute (à la crise) européenne et au ralentissement en Chine", a commenté Matt Smith, de Summit Energy (Groupe Schneider Electric).

Toutefois, les investisseurs voulaient croire que ces nouveaux chiffres décevants renforçaient les chances de voir la Réserve fédérale déclencher une nouvelle mesure d'assouplissement monétaire, qui aurait pour conséquence de relancer la consommation de brut et la croissance mondiale, a dit M. Lipow.

En outre, les opérateurs se réservaient avant le scrutin en Grèce, où les électeurs doivent élir dimanche un nouveau parlement. L'issue incertaine du vote pesait sur le moral des investisseurs, ont dit les analystes.

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