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Le Conseil de sécurité s'abstient à nouveau de soutenir une force au Mali

15/06/2012 06:15 EDT | Actualisé 15/08/2012 05:12 EDT

Le Conseil de sécurité de l'ONU s'est à nouveau abstenu vendredi d'apporter son soutien au projet de force d'intervention au Mali présenté par l'Union africaine (UA) et la Communauté économique des Etats d'Afrique de l'Ouest (Cédéao).

Plusieurs membres du Conseil de sécurité ont exprimé leurs préoccupations sur ce projet lors d'une réunion à huis clos à New York, ont indiqué des diplomates onusiens.

Mercredi déjà, le Conseil de sécurité de l'ONU avait pris note de la proposition de créer cette force, sans y apporter son soutien, à l'occasion des discussions annuelles entre le Conseil de sécurité et le Conseil de paix et de sécurité de l'UA.

"Comment cette force va-t-elle aider les Maliens, comment va-t-elle s'attaquer aux rebelles? Ce sont les grandes questions qui n'ont pas encore reçu de réponses complètes", a déclaré un diplomate sous couvert d'anonymat.

Un porte-parole de la mission française à l'ONU a de son côté indiqué que de "bon progrès" avaient été réalisés dans les discussions.

"L'usage de la force n'est pas la première option. La première option, c'est d'obtenir une résultat via la négociation avec ceux qui ont des revendications légitimes", a déclaré à la presse le président de la Commission de la Cédéao, Kadré Désiré Ouédraogo.

"Les chefs d'Etat (de la Cédéao) ont été clairs: si les discussions échouent, l'usage de la force n'est pas exclu et c'est pourquoi ils ont demandé à la Commission de la Cédéao de tenir prête une force pour une intervention au Mali", a-t-il expliqué.

La Cédéao a indiqué disposer d'une force de 3.000 hommes prête à entrer au Mali pour aider le gouvernement intérimaire. Cette force tenterait également de reprendre la partie nord du pays aux mains de groupes touaregs et islamistes.

M. Ouédraogo a précisé que cette force aurait besoin de l'aide de pays africains et d'un "soutien matériel et logistique" de la communauté internationale.

Le ministre de la Défense ivoirien, Paul Koffi Koffi, a reconnu que les membres du Conseil de sécurité avaient soulevé des interrogations au sujet de la force. Mais "les réponses ont été données", a-t-il estimé, en se disant confiant sur la possibilité que le Conseil de sécurité adopte rapidement une résolution pour soutenir les efforts pour rétablir la situation au Mali.

Des diplomates ont également indiqué que le Conseil de sécurité pourrait adopter une résolution apportant un soutien politique aux pays engagés dans la résolution de la crise malienne.

Dans la foulée d'un putsch le 22 mars à Bamako, l'immense région désertique du Nord du Mali est tombée aux mains du Mouvement national de libération de l'Azawad (MNLA, rébellion touareg) et surtout du mouvement islamiste Ansar Dine et de son allié Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi).

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