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Le casse-tête des Tours de France d'Armstrong

15/06/2012 07:02 EDT | Actualisé 15/08/2012 05:12 EDT

Le palmarès du Tour de France risque d'être complètement chamboulé, jusqu'à l'absurde, si son septuple vainqueur, Lance Armstrong, soupçonné de dopage par l'USADA, l'agence antidopage américaine, est sanctionné et ses résultats annulés.

De 1999 à 2005, l'Américain a gagné toutes les éditions de la plus grande course du monde. Il a régenté l'épreuve et l'implacable répétition de ses performances a contribué à créer un mythe Armstrong, survivant du cancer devenu le détenteur du record des victoires dans le Tour.

Accusé à maintes reprises de dopage, le Texan a toujours nié. Poursuivi pour la première fois par une autorité sportive, le voilà en position de perdre (peut-être) une partie ou l'ensemble de ses succès puisque le délai de prescription, fixé à huit années, est susceptible d'être levé.

Dans la pire hypothèse pour Armstrong, qui consisterait à lui retirer ses sept victoires dans le Tour, un autre problème se poserait pour l'établissement du palmarès de la Grande Boucle, le classement général en priorité, mais aussi les... 22 étapes gagnées à titre individuel par l'Américain.

Le deuxième deviendrait-il premier comme le veut la règle habituelle ? Les autorités sportives décideraient-elles d'une mesure exceptionnelle, en réponse à un cas unique ? Les organisateurs du Tour, qui ne sont pas maîtres en la matière, ne peuvent qu'attendre.

A l'époque moderne, deux coureurs ont gagné le Tour sur tapis vert, à chaque fois à la suite d'un contrôle antidopage positif affectant le vainqueur. L'Américain Floyd Landis a laissé la place à l'Espagnol Oscar Pereiro pour l'édition 2006. L'Espagnol Alberto Contador a fait de même au profit du Luxembourgeois Andy Schleck pour 2010.

A chaque fois, le nouveau lauréat a reçu son maillot jaune plus d'un an après la fin de la course. Un délai interminable, justifié par l'épuisement des possibles voies de recours de la part du coureur sanctionné.

Pendant les années Armstrong, le deuxième s'est appelé Jan Ullrich à trois reprises (2000, 2001, 2003). Or, l'Allemand a lui aussi été sanctionné pour dopage dans le cadre de l'affaire Puerto et a perdu récemment sa troisième place du Tour 2005.

Ullrich, qui a gagné le Tour 1997 sans subir de contrôle antidopage positif (seule victoire allemande de l'histoire), pourrait ainsi se retrouver crédité de quatre victoires au total. Il se placerait devant des champions tels que le Français Louison Bobet ou l'Américain Greg LeMond !

Ivan Basso serait lui aussi partiellement dans le même cas de figure. L'Italien, deuxième en 2005, a été pris dans l'affaire Puerto et suspendu, sans perdre pour autant le bénéfice de ses résultats antérieurs comme le Giro 2006.

Les trois autres dauphins d'Armstrong sur la période sont le Suisse Alex Zulle (1999), qui sortait tout juste à l'époque de sa suspension pour l'affaire Festina, l'Espagnol Joseba Beloki (2002) et l'Allemand Andreas Klöden (2004).

Autant dire que le cyclisme et son épreuve emblématique n'auraient pas fini de payer l'addition de ces années de plomb, marquées par la répétition des affaires et la mise au jour du dopage sanguin.

jm/ol/dif

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