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Le boycottage des produits des colonies israéliennes gagne du terrain

15/06/2012 10:30 EDT | Actualisé 15/08/2012 05:12 EDT

La campagne internationale de boycottage économique des colonies en territoire palestinien s'étend, pour un impact encore symbolique, selon promoteurs et adversaires de cette forme de "résistance pacifique" à l'occupation israélienne.

Dans une récente tribune publiée par le quotidien français Le Monde, l'ex-président du Parlement israélien Avraham Burg salue l'intention manifestée en mai par l'Union européenne d'imposer un étiquetage distinctif aux produits israéliens fabriqués dans les territoires occupés.

"Les Etats membres se sont également engagés à exclure les produits des colonies du régime des tarifs préférentiels à l'importation, instaurés par l'accord d'association entre l'UE et Israël", rappelle-t-il.

"Empêcher l'étiquetage erroné +made in Israel+ des produits des colonies et empêcher ces produits d'entrer dans l'UE en bénéficiant de tarifs d'importation préférentiels peut apparaître comme une étape symbolique et mineure", reconnaît Avraham Burg, qui y voit pourtant "une lueur d'espoir".

Human Rights Watch (HRW) regrette qu'actuellement l'Europe permette à Israël "de mélanger les marchandises des colonies illégales avec celles de l'intérieur d'Israël et d'envoyer le tout sur les marchés européens sans droits de douanes".

"Au lieu d'indiquer clairement l'origine de ses exportations, Israël se contente de fournir les codes postaux d'origine. La tâche de repérer les marchandises des colonies retombe sur les importateurs. Or, certains de ces biens portent les indicatifs trompeurs de sièges sociaux en Israël", explique un expert de l'ONG, Bill Van Esveld, sur le site de HRW.

Fin avril, la chaîne de supermarchés britannique Co-Op, qui n'achetait plus de produits des colonies depuis 2009, a étendu ce boycottage en rompant ses liens avec quatre sociétés s'y approvisionnant, représentant un volume de ventes de 430.000 euros.

En mai, l'Afrique du Sud et le Danemark ont affirmé leur intention de signaler au consommateur la provenance de ces articles. Le même mois, Migros, numéro deux de la distribution en Suisse, a annoncé qu'à partir de 2013 il apposerait sur les produits concernés "Cisjordanie" ou "Jérusalem-Est", avec la mention "zone de peuplement israélienne".

Une fois la loi votée en Afrique du Sud, "tout supermarché pris en train de vendre les produits des colonies sous le label +produit d'Israël+ sera tenu légalement responsable", se réjouit Omar Barghouti, animateur dans les territoires palestiniens de la "Campagne internationale BDS" ("Boycott, désinvestissement, sanctions").

"Le problème, c'est qu'Israël a rendu pratiquement impossible de boycotter effectivement les produits des colonies" en raison de la difficulté de les identifier, souligne-t-il. "C'est pourquoi le BDS plaide pour boycotter plutôt les compagnies qui traitent avec les colonies".

"C'est lorsque nous avons visé des compagnies plutôt que des produits que nous avons été le plus efficaces", insiste-t-il, revendiquant un rôle crucial dans la faillite d'Agrexco-Carmel, principal exportateur agro-alimentaire israélien, ou des marchés perdus par Veolia et Alstom, impliquées dans la construction du tramway de Jérusalem.

Selon Dan Catarivas, directeur des relations internationales au patronat israélien, "ce qui est produit dans les territoires (palestiniens) et qui est exporté représente moins d'1% des exportations israéliennes".

Mais M. Catarivas craint que l'appel au boycott des produits des territoires palestiniens ne soit "une première étape vers le boycott des produits israéliens".

Un objectif que vise ouvertement le BDS, affirme Omar Barghouti.

"A mesure que le mouvement du BDS se propagera dans les domaines économique, culturel, sportif et universitaire", prédit-il, "la marque Israël apparaîtra aux consommateurs de plus en plus toxique".

sst/agr/vl

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