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L'avocat de l'ex-président tunisien Ben Ali dénonce une «parodie de justice»

15/06/2012 12:56 EDT | Actualisé 15/08/2012 05:12 EDT

TUNIS, Tunisie - L'avocat de l'ancien président tunisien Zine El Abidine Ben Ali, Akram Azoury, a qualifié vendredi de «parodie de justice» les jugements rendus cette semaine contre son client.

Au cours des derniers jours, deux tribunaux militaires ont condamné le président déchu, actuellement réfugié en Arabie Saoudite, à 20 ans de prison puis à la prison à perpétuité pour son rôle dans la répression sanglante du soulèvement populaire qui a conduit à la chute de son régime, le 14 janvier 2011.

Il était accusé de meurtre de manifestants, d'incitation au désordre, au meurtre et au pillage, ainsi que d'avoir poussé les habitants de la localité de Ouardanine à s'entretuer par les armes.

Dans un communiqué transmis à l'Associated Press, Me Azoury estime que «ces soi-disants jugements sont en fait une parodie de justice que la raison et la logique juridique ne peuvent admettre».

L'avocat conteste le jugement relatif aux accusations de meurtre qui, plaide-t-il, «n'ont pas été fondées sur les règles élémentaires de l'investigation et des preuves». Selon lui, le tribunal aurait dû prendre connaissance des enregistrements des services de renseignement entre la salle d'opération du ministère de l'Intérieur et la présidence de la République.

Me Azoury a joint au communiqué un document présenté comme une transcription d'une communication entre la salle d'opération et l'ancien président mentionnant un ordre de ce dernier de «ne pas tirer» sur les manifestants.

«Vu que la défense n'a pas pu avoir accès au dossier de l'instruction, deux conclusions s'imposent: ou bien le tribunal a pris connaissance de ces enregistrement et ne les a pas pris en compte, ce qui constitue une falsification, ou alors il ne les a pas consultés pour pouvoir fonder son jugement, ce qui est une erreur monumentale», soutient l'avocat.

Me Azoury juge infondée l'accusation ayant trait à l'incitation au désordre, au meurtre, au pillage et l'appel aux habitants à s'entretuer, dans la mesure où les faits qui lui sont attribués ont eu lieu le 15 janvier 2011, soit un jour après le départ de Tunis du président Ben Ali.

«C'est là que réside la parodie de justice et l'illogisme juridique, en ce sens que des faits sont imputés à une personne qui ne se trouvait pas (dans le pays) au moment où ils ont été commis», fait valoir l'avocat.

Me Azoury a indiqué qu'il ajouterait ces jugements au dossier de plainte qu'il a déjà adressé au Conseil des droits de l'homme de l'ONU à Genève.

L'ancien président tunisien avait déjà été condamné à un total de 66 ans de prison dans des affaires civiles, notamment pour abus de pouvoir, malversations et trafic de stupéfiants.

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